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Lundi 14 mai 2007

Fields - Everything Last Winter

 

 

 

 

 

 

 Je me méfie du NME et de ses innombrables "meilleur groupe du monde de la semaine". The Fields en font partie et deux de leurs singles ont connu une très bonne presse dans le magazine d'Outre-Manche.

Pour une fois, je suis relativement d'accord avec le New Musical Express. Je n'irai bien sûr pas jusqu'à dire que ce groupe, originaire de Londres, est LA révélation de l'année, mais il me faut admettre que leur musique présente quelque chose de très intrigant.

Si l'atmosphère générale est assez sombre  faisant immanquablement écho au meilleur de The Cure, Nick Cave, My Bloody Valentine, il ne faut néanmoins pas se satisfaire d'une écoute rapide, superficielle de EVERYTHING LAST WINTER. Autrement, vous manqueriez les influences également très marquées de groupes tels que The Decemberists et, encore plus étonnant, Fairport Convention.

L'aspect menaçant des chansons de The Fields est donc largement modéré, tempéré par cette touche plus folk, plus joyeuse voire parfois quasiment pop, ce qui lui permet d'éviter d'être un album vite catégorisé, vite oublié.

Non, non, EVERYTHING LAST WINTER est effectivement bien plus subtil que cela et plus léger que ne le laissent supposer les a priori en tous genres.

Il est de plus très surprenant de se rendre compte qu'aucun groupe, du moins à ma connaissance, n'avait jusqu'à présent, tenté et surtout aussi bien réussi ce mélange d'atmosphères très sombres / crépusculaires et d'atmosphères "spacieuses", qui prennent le temps de se développer et de vous envelopper.  Le morceau Feathers en est l'illustration parfaite.

You brought this on yourself et Charming the flames laissent, par contre, les guitares mener le jeu. Les vagues de distortion ne devraient d'ailleurs pas manquer de réveiller l'esprit du groupe de Kevin Shields, My Bloody Valentine qui, comme nous l'avons mentionné un peu plus tôt, est, à n'en pas douter l'une des influences majeures de The Fields, du moins dans leur utilisation très électrique des guitares.

Fort loin de ces ambiances tourmentées, Schoolbooks nous ramène à une folk-pop moderne de toute beauté. De même, les harmonies vocales homme / femme réalisées par Nick Peil et Thorunn Antonia nous emméne vers un monde plus coloré.

En fait, il ne sert pas à grand chose d'essayer d'appréhender cet album élément par élément. EVERYTHING LAST WINTER forme un tout, une unité et ne "triomphe" pas plus particulièrement lors des passages de guitares saturées que lors des morceaux aux ambiances plus légères.

Il s'impose de fait, sans le moindre effort apparent (à aucun moment, les musiciens ne n'apparaissent comme des tâcherons bourrins et lourdingues essayant de démontrer au monde entier une technicité dénuée de toute humanité) un peu partout en parvenant à offrir un véritable mélange des genres.

Ce disque est une immense bouffée d'air frais, ce qui est paradoxal et un véritable tour de force, en raison de son ambiance pourtant "a priori" étouffante et chargée. 

Pas un seul instant, vous n'avez l'impression d'être dans une atmosphère figée.

Là où semble triompher la noirceur, il y a toujours en peu de chaleur. La formidable combinaison de gros murs de guitares et de choeurs très accrocheurs y est d'ailleurs pour beaucoup dans cette réussite et se pose en véritable illustration de cette ambivalence atmosphérique.

En résumé, un album très réussi, d'une maturité étonnante (le groupe s'est formé il y a moins d'un an et demi !), aux ambiances multiples, offrant un aperçu de l'énorme potentiel de The Fields, faisant ainsi d'eux l'un des groupes à suivre et nous permettant d'espérer encore en un véritable avenir pour la musique à tendance rock.

Une des plus belles réussites, pour l'instant,  de l'année 2007.

Bonne découverte ! 

Feathers

Schoolbooks

You brought this on yourself

publié dans : LA NOUVELLE STAR
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Samedi 12 mai 2007

Père de Rufus & Martha, Loudon Wainwright III, né en 1946, et auteur de plus de 20 albums d'une cohérence remarquable, fut un moment considéré au début des années 70 comme le nouveau Bob Dylan. En effet, sa musique folk et ses textes réalistes évoquaient très souvent l'art du Zimm. Mais, désireux de mener une vie moins médiatisée que celle de Dylan, LW III ne mit pas tout en oeuvre pour accéder à une reconnaissance internationale plus importante. Non, il a préféré mener sa barque tranquillement, sans la moindre concession et sa renommée n'a donc jamais véritablement dépassé les frontières des pays anglo-saxons. Bien sûr, les ardents "amoureux" de musique folk ont forcément, un jour ou l'autre croisé quelques formidables pépites issues de sa discographie.

Oeuvre remarquable, sans la moindre baisse de régime, en plus de trente ans de carrière, avec une production très régulière, des textes, engagés socialement et politiquement (mais beaucoup plus ancrés dans le contexte américain et moins "universels" que ceux d'un James Taylor survitaminé, d'un Leonard Cohen ou de Dylan, son idôle. C'est d'ailleurs en voyant ce dernier en concert lors du Festival de Newport en 1962 qu'il ressentit l'envie de devenir musicien.), et d'autres très humoristiques, à la limite du grivois, mais jamais vulgaires. Si vous en avez l'occasion, écoutez son fantastique IWIWAL (ie I Wish I Was A Lesbian) extrait de l'album GROWN MAN (1995).

Album 1 Album 2 Album III

Si j'ai bien sûr une petite préférence pour ses trois premiers albums, la fantastique trilogie ALBUM I-II-III (1970-1971-1972), c'est toujours avec grand plaisir que je me replonge dans l'univers de ce chanteur-compositeur-interprète généreux qui, même si l'on ne s'en rend pas forcèment compte, en raison de son relatif "anonymat", a influencé des générations entières de folkeux en tous genres, dont le regretté Elliott Smith (qui disait d'ailleurs de lui qu'il était l'une de ses références majeures, avec les Beatles, bien sûr) et Will Oldham, par exemple.

   More Love Songs  History

En début d'artcle, je vous parlais de cohérence remarquable pour l'ensemble de sa carrière, je dois néanmoins) admettre ne pas très bien connaître ses années 80. De cette période, je ne connais qu'un seul album, le fantastique MORE LOVE SONGS (1986). Pour les années 90 et 2000, vous pouvez vous précipiter sur n'importe laquelle de sa production et notamment HISTORY (1992 - probablement SON meilleur album, peut-être encore plus intéressant que ses albums des années 70) / CAREER MOVES (1993) / SOCIAL STUDIES (1999) et THE LAST MAN ON EARTH (2001).

Social Studies

Complètement "zappée" par les grands média, l'oeuvre de LW III mérite d'être (re)découverte, et ce, à mon avis, bien plus que les travaux un peu (trop) grandiloquents et (trop) sucrés de ces rejetons, Rufus (si ce n'est son premier album en tous points fantastiques)  et Martha.

Dans un monde meilleur, Loudon Wainwright III serait considéré comme l'un des meilleurs, si ce n'est le meilleur auteur folk de ces trente-cinq dernières années.

Unrequited

 

 

 

Motel blues 

 

Bicentennial

 

The swimming song 

 

publié dans : FOLK et NEO-FOLK
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Mercredi 9 mai 2007

Une fois de plus, en ces jours sombres, voici un disque plein de joie de vivre : LOUIS ARMSTRONG & THE DUKES OF DIXIELAND.

Ce disque a un double avantage. Celui d'essayer de vous faire sourire, swinguer, ..., mais aussi celui de me faire retourner vers la rubrique "Nouvelle-Orléans" depuis (trop) longtemps délaissée.

La Nouvelle-Orléans est le berceau du jazz. Et, qui mieux que Louis "Satchmo" Armstrong peut représenter le jazz des débuts ?

 

La Nouvelle-Orléans ne s'y est d'ailleurs pas trompée en faisant construire le parc Armstrong, en hommage à l'un des musiciens les plus influents du 20ème siècle et dont tout le monde connait au moins un morceau.

Plus fort que les mots, plus fort que les photos, la musique ...

Bonne écoute !

Bourbon Street Parade

Dippermouth blues

Et, pour le plaisir, une petite vidéo pour vous montrer à quel point la musique de Satchmo pouvait être riche et variée.

Ici, après un petit dialogue introductif, vous allez voir et entendre Johnny Cash et Louis Armstrong reprendre ensemble Blue Yodel N°9, un célèbre morceau de Jimmie Rodgers, l'un des pères fondateurs de la musique folk et country.

Un grand moment de télévision et de musique enregistré en octobre 1970.

LOUIS ARMSTRONG & JOHNNY CASH

Blue Yodel N°9 (Jimmie Rodgers) 

publié dans : NOUVELLE ORLEANS
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Mardi 8 mai 2007

En ce début de semaine quelque peu secoué et secouant au niveau des idées, j'ai décidé de vous présenter un disque tout simplement beau qui me (et vous aussi, je l'espère) ramène à une époque où la musique semblait spontanée, belle et allait directement à l'émotion, sans se poser de question, en dépit des rigueurs de la société d'alors. 

Dans la catégorie album "duo" de musique américaine et de jazz vocal, je pense que l'on a rarement fait mieux que ce BOY MEETS GIRL de 1958 nous présentant le couple Davis / McRae.

12 chansons dans la meilleure tradition américaine, dont les inaltérables Cheek to cheek et Tea for two, se succèdent ainsi pour le plus grand bonheur des oreilles qui savent encore prendre le temps de s'arrêter pour écouter la classe et la beauté de deux immenses voix, ainsi que le talent et le professionnalisme de musiciens qu'aucun petit jeune ne perviendra jamais à égaler.

Et quel compositeur actuel peut prétendre arriver à la cheville des Cole Porter, Hoagy Carmichael, Irving Berlin, ... ?

Le tout, à des milliers de kilomètres de l'obscurité de notre monde actuel.

Si vous souhaitez vous procurer cet album, sachez qu'il en existe une réédition présentant en "bonus" leur interprétation de PORGY & BESS.

Bon voyage ...

There's a small hotel

People will say we're in love

They didn't believe me

publié dans : JAZZ
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Lundi 7 mai 2007

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Ca y est, il est là !

Enfin, presque ... Plus que quelques heures à attendre.

Ayant vu VOLTA à la vente ce dimanche 6 mai en Belgique, je m'autorise néanmoins la publication de cet article avec quelques heures d'avance sur la sortie officielle (ce terme, à l'époque d'Internet, signifie-t'il encore quelque chose ? L'album circule déjà depuis au moins trois semaines sur la grande toile).

VOLTA est le sixième album de la petite fée islandaise. Constitué de dix morceaux originaux écrits et produits par Björk herself, cet album nous offre une alternace entre rythme et douceur sombre du plus bel effet et nous permet ainsi permet de renouer avec une artiste plus instinctive, plus festive qu'elle ne l'était sur ses deux ou trois précédents albums. On retrouve ainsi une Björk revenant avec joie sur les "pistes de danse" après une (trop ?) longue absence, avec des rythmes plus complexes et somme toute, parfois après deux ou trois écoutes, très jouissifs.

Cette nouvelle production a été enregistrée entre New York, San Francisco, Reykjavík, Portland, Londres, Bruxelles, Bamako  et sur un bateau entre Malte, la Goméra et la Tunisie, et est en quelque sorte le résultat d'un voyage effectué par Björk en Indonésie après le tsunami.

Émue par le spectacle de désolation, la chanteuse islandaise s'est sentie inspirée pour créer "des beats tribaux" et nous inciter, à sa manière, à vivre plus en harmonie avec notre Mère Terre.

N'ayant pas envie de disserter des heures durant sur cet album que j'ai énormément apprécié, je laisse la parole à Björk en personne. Voici quelques extraits d'un entretien accordé à  Pitchforkmedia - Mars 2007.

« Je venais de réaliser successivement deux ou trois albums plutôt cérébraux, peut-être avais-je tout simplement besoin de m’en démarquer. Pour ce disque, je voulais juste m’amuser et faire quelque chose qui soit vraiment péchu et enjoué »

« J’ai travaillé cet album de manière très impulsive. Je ne voulais pas être particulièrement "intelligente", cérébrale. Mes deux albums précédents étaient très casaniers. J’étais à la maison, j’avais mon ordinateur, ma petite fille auprès de moi… Lorsque j’ai commencé le travail sur Volta, j’avais envie de sortir, de voir ailleurs ce qui pouvait bien se passer. Je voulais goûter à de nouvelles expériences, tant émotionnelles que musicales. Je voulais juste prendre du plaisir. C’est pour cela qu’à travers ce disque, j’essaie d’expliquer des choses qui sont à la base très impulsives, très émotionnelles. Dans un sens, Wanderlust est un manifeste. Il reflète bien cette idée de départ, de fuite… Vivre l’aventure, sans trop réfléchir. »

En bonus, voici des propos recueillis chez Les Inrockuptibles - Mars 2007.

« J’ai composé Volta, et lors des trois derniers mois d’écriture, le seul casse-tête que je n’avais pas résolu était celui des rythmes. Nous avions beaucoup expérimenté avec les rythmes mais avions fini par tout jeter, mais à chaque fois que nous aboutissions à quelque chose de pertinent, cela nous semblait trop prétentieux pour ce disque, ça ne collait jamais. »Volta, c’est un film d’horreur comique : j’y rêve qu’un jour la nature va se révolter… Je la vois, marchant lourdement et bruyamment dans les rues de New York, entrant dans chaque bâtiment pour ajouter à la main « 13 » dans les cages d’ascenseur… Ça fait quatre mille ans qu’elle dort et se laisse faire. Mais là, il y en a marre : il faut finir par admettre que nous ne sommes qu’une tribu, qui doit vivre avec la nature, oublier ses prétentions de civilisation et de propreté. Nous sommes fondamentalement des païens, il va falloir le prendre en compte. »

Mes morceaux préférés de l'album sont :

Wanderlust / Innocence / I see who you are / Vertebrae by vertebrae / Pneumonia & Hope / ...

J'aime l'album dans son intégralité, tout simplement ! Et vous ?

A noter les participations de Timbaland (à la production des morceaux les plus "tribaux"), d' Antony Hegarty (Antony & The Johnsons), Komono N°1, Toumani Diabaté, ...

Une bien belle ouverture musicale et humaine pour un album en tous points réussi.

Björk, MERCI (si ce n'est pour cette pochette "orange sanguine") !

Wanderlust

Dès demain, et ce pendant quatre jours, je vous proposerai quatre vidéos (en anglais, avec un délicieux accent islandais) présentant le "making-of" de VOLTA.

publié dans : TOP 2007
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