
Né en mars 1969, Stephen Scott est l'un des pianistes jazz les plus intéressants et talentueux de ses 20 dernières années.
Son jeu, très riche techniquement, laisse une très grande place à l'émotion et évoque l'esprit des plus grands : Ahmad Jamal, Wynton Kelly, Bud
Powell, McCoy Tyner, ...
Très bop sur SOMETHING TO CONSIDER (1991) / AMINAH'S DREAMS (1992) et RENAISSANCE (1994), le jeu de Stephen Scott s'est enrichi, sur THE
BEAUTIFUL THING (1996) d'influences latines et soul.
Quatre disques, quatre réussites.
Suivit alors un VISION QUEST un peu plus moyen en 1999 et, depuis, plus de nouvelles discographiques...
Voici 4 extraits de ce qui reste, à ce jour, mon album préféré de Stephen Scott, enregistré en compagnie de Ron Carter et sa contrebasse
magique :
Aminah's dream
Young
Confucius
Lil' bro ... life goes
on
In the spur of the
moment

Andrew Hill fut l'un des plus grands pianistes des années 60 mais n'a jamais vraiment récolté la reconnaissance équivalente à son immense talent.
Hill était un musicien aventureux et exigeant qui situait sa musique entre hard bop et free.
Il connut le sommet de l'expression de son art au beau milieu des années 60, tant au niveau de son jeu qu'au niveau de ses compositions qui l'emmenaient sans cesse vers des contrées
inexplorées.

Le coffret THE COMPLETE "BLUE NOTE" ANDREW HILL SESSIONS reprend l'ensemble des formidables enregistrements réalisés pour le label BLUE NOTE entre 1963 et 1966.
Au cours de ces quatres années, Andrew Hill a eu l'occasion d'enregistrer avec des musiciens exceptionnels tels que Sam Rivers, Eric Dolphy, Freddie
Hubbard, Sam Rivers, Joe Henderson, Roy Haynes, Elvin Jones, Richard Davis, Joe
Chambers et Kenny Dorham.
Ce coffret se présente en version "simple" 3 CD ou en une édition limitée se composant de 7 CD sur lesquels, en plus de morceaux déjà commercialisés, vous trouverez une quinzaine de prises
alternatives (dont une dizaine jamais publiées) et une composition complètement inédite.

Andrew Hill est décédé le 20 avril dernier à l'âge de 75 ans.
De son impressionnante discographie, on peut extraire les formidables :
*BLACK FIRE (1963)
*JUDGMENT ! (1964) / *POINT OF DEPARTURE (1964) / *ANDREW !!! (1964)
*ONE FOR ONE (1965) / *COMPULSION (1965)
*GRASS ROOTS (1968) / *DANCE WITH DEATH (1968)
*LIFT EVERY NOTE (1969) / *PASSING SHIPS (1969)
*INVITATION (1974) / *SPIRAL (1974)
*HOMMAGE (1975) / *BLUE BLACK (1975) / *LIVE AT MONTREUX (1975)
*NEFERTITI (1976) / *FACES OF HOPE (1980)
*VERONA RAG (1986) / *ETERNAL SPIRIT (1989)
*A BEAUTIFUL DAY (2002)


.jpg)
Ruby Braff, de son vrai nom Reuben Braff est né à Boston, Massachussets en 1927. Il fut l'un des joueurs de cornet les plus réputés
du mouvement swing / Dixieland. Personnellement, je peux l'écouter des heures durant, je ne m'en lasse pas !
Dès la deuxième moitié des années 40, il se fit connaître sur les scènes de sa ville natale, en jouant avec Pee Wee Russell et Edmond Hall.

En 1953, après un déjà formidable HUSTLIN' AND BUSTLIN' réalisé en 1951, il déménagea à New York où il n'eut aucun mal à jouer pour divers groupes de Dixieland, très importants
localement.
Cette célébrité frémissante lui donna alors l'occasion d'enregistrer en tant que leader pour le label Vanguard et également de travailler avec Vic
Dickenson. C'est d'ailleurs son travail avec ce dernier qui lui permit de gagner véritablement les faveurs et l'attention dévouée du public jazz.
Se positionnant entre les boppeurs et le mouvement "revivalist", Ruby Braff mena alors une carrière exemplaire et son jeu lyrique, expressif, reconnaissable entre 1000 dès la
première seconde et parfois ponctué de soudaines explosions, l'amena à enregistrer, jusqu'à la fin des années 50, d'excellents albums en compagnie de musiciens aussi distingués que Buck
Clayton, Mel Powell, Bud Freeman, Benny Goodman ....
Malgré ces formidables réussites, les années 60 ressemblèrent à une traversée du désert pour le musicien dont le jeu, toujours très inspiré Dixie, était alors considéré comme complètement passé
de mode, voire ringard. Il eut néanmoins l'occasion de jouer avec le Newport All-Stars de George Wein et de se produire lors de nombreux festivals de
jazz.

Notons qu'en 1967, il enregistra, dans une indifférence quasi-générale, l'exceptionnel HEAR ME TALKIN'.

Le succès revint au début des années 70, notamment en 1972, grâce à une association avec le pianiste Ellen Larkins et en 1973, avec le guitariste George
Barnes.

Sa popularité retrouvée, Ruby Braff s'évertua alors à multiplier les expériences au sein de nombreuses petites formations, notamment avec Ellis Larkins, donc,
mais aussi avec Dick Hyman, Scott Hamilton, ..., et resta ainsi l'un des plus actifs et talentueux musiciens de jazz "grand public" jusqu'à sa
disparition en 2003.

Just you, just me (avec Pee Wee Russell)
Avalon (avec, entre autres, Gene
Krupa & Lionel Hampton)
Ruby ici, en compagnie de son complice Dick Hyman, tous deux auteurs du monumental MUSIC FROM MY FAIR LADY

Né à la Nouvelle-Orléans en 1962, Terence Blanchard est l'un des musiciens de jazz les plus importants de sa génération, son jeu de trompette, subtil mélange de technicité et
d'émotion, évoquant avec bonheur le jazz des "anciens temps".
Lors de ses études musicales au New Orleans Center of Creative Arts, il fit la connaissance du saxophoniste Donald Harrison avec lequel il allait former
une des "équipes" les plus intéressantes du jazz de ces 25 dernières années. Tout d'abord au sein des Jazz Messengers d'Art Blakey où ils prirent la succession de
Wynton et Branford Marsalis et pour lesquels ils permirent de remporter une victoire de la musique (un "grammy") en 1984 grâce au très réussi NEW YORK SCENE.
Donald Harrison
Le "duo" entreprit d'enregistrer de très bons albums, parmi lesquels NEW YORK SECOND LINE / DISCERNMENT / BLACK PEARL.
Depuis 1991, Terence Blanchard a réalisé plusieurs enregistrements en tant que chef d'orchestre, dont l'épatant THE HEART SPEAKS en 1996. Sa collaboration avec
Joe Henderson, Donald Harrison (à nouveau !), Kenny Kirkland, Steve Turre, ... pour l' IMMENSE JAZZ IN FILM atteint, en associant la puissance du jazz à la musique de films, de nouveaux sommets, allant même jusqu'à tenir la comparaison avec
des classiques du genre tels que l' ANATOMY OF A MURDER de Duke Ellington, le PAWN BREAKER de Quincy Jones ou encore le CHINATOWN de
Jerry Goldsmith.

Du grand art que l'on retrouve également au programme de WANDERING MOON, enregistré en compagnie de pointures comme Branford Marsalis, Dave Holland,
...
Plus récemment, Terence Blanchard a réalisé LET'S GET LOST, un album anthologie reprenant les plus grandes compositions de Jimmy McHugh réinterprétées
par les plus importants noms du jazz vocal féminin contemporain : Diana Krall, Jane Monheit, Dianne Reeves et Cassandra
Wilson.

Plus proches de nous encore sont sortis chez Blue Note les très réussis BOUNCE (en 2003) et FLOW (en 2005), produit par Herbie
Hancock, lequel apparait d'ailleurs sur deux morceaux de l'album.

Comme nous le faisions remarquer un peu plus haut, Terence Blanchard a toujours apprécié travailler pour le cinéma. En plus de son superbe JAZZ IN FILM, il est
d'ailleurs reconnu pour ses nombreuses contributions au septième art, et notamment pour son association avec Spike Lee et les bandes originales de MO' BETTER BLUES,
MALCOLM X, CLOCKERS, JUNGLE FEVER, BAMBOOZLED, INSIDE MAN ...

Bref, une très belle carrière pour un grand musicien (âgé d'à peine 45 ans, rappelons-le) qui, certes, ne fait peut-être pas autant rêver que ses glorieux aînés, mais en tous points remarquables
au niveau de la réussite artistique !
TERENCE BLANCHARD
*avec les JAZZ MESSENGERS en 1984
*avec Dianne Reeves lors d'un concert hommage à Carmen McRae
Sahib Shihab, de son nom de naissance Eddie Gregory, est l'un des premiers musiciens de jazz à s'être converti à l'Islam (en
1947) et à avoir changé de nom (bien avant Abdullah Ibrahim, par exemple). En plus de cela, il est également reconnu pour être l'un des tout premiers boppeurs à avoir introduit
la flûte dans sa musique.
Fort réputé pour son jeu de saxophone (alto et baritone [c'est d'ailleurs à cet instrument que l'on pense le plus rapidement quand on évoque le nom de Sahib
Shihab]), il a joué entre autres , pendant les années 40, avec Fletcher Henderson, Thelonious Monk et Art Blakey.
Au cours de la décennie suivante, il s'associa à Dizzy Gillespie, Oscar Pettiford et Quincy Jones, avec lequel il
partit en tournée en Europe en 1959. Europe où il résida jusqu'en 1986, essentiellement à Copenhague, si ce n'est pour un séjour de quelques années (entre 1973 et 1976) à Los
Angeles.
Durant cette période européenne, il joua entre autres au sein du Clarke-Boland Band entre 1963 et 1972 et participa à l'enregistrement du somptueux album
CLARKE-BOLAND BIG BAND (1963).
En tant que leader, il enregistra quelques très bons albums parmi lesquels JAZZ SAHIB / SENTIMENTS et un LIVE datant de 1963
également.
Voici deux extraits de COMPANIONSHIP, enregistré en 1968, avec comme vous pouvez le lire sur la pochette une pléiade d'invités
prestigieux.
Bonne découverte !
Companionship
Born to be blue
The Turk's bolero
Commentaires