Présentation

Samedi 21 juillet 2007

En cette période estivale et juste avant de partir en vacances pour une semaine, je vais vous présenter un de mes disques de ska / reggae préférés, à savoir STRUGGLING MAN de Jimmy Cliff, publié en 1972, un des albums 5 étoiles indéboulonnables de mon TOP-50 personnel.



Pour le grand public, Jimmy Cliff est essentiellement l'homme de 3 ou 4 succès "mondiaux", l'inégalable Many Rivers To Cross (1970) et les joyeux mais peu glorieux Reggae Nights, We are the one & I can see clearly now (années 80 et 90).

Constat très limitatif pour un musicien en activité depuis déjà 45 ans ! 

Je vous l'accorde, ses années d'or se situent bel et bien dans les années 70, les 3 dernières décennies ne présentant que très peu d'intérêt musicalement parlant.

En 1972, cela fait donc déjà 10 ans que le jeune Jimmy Cliff fait de la musique professionnellement. Il a en effet signé son premier contrat en 1962, à l'âge de 14 ans, pour le label de Leslie Kong, Beverley.

1972 ... Année charnière et difficile pour l'artiste puisqu'il doit désormais voler de ses propres ailes après le décès, quelques mois plus tôt, de son mentor, producteur et ami Leslie Kong.

STRUGGLING MAN est donc le témoignage du combat mené à cette époque par Cliff qui essayait alors de se sortir d'un profond sentiment de perte et de paralysie (magnifiquement exprimé dans un précédent single, le mélancolique Sitting in limbo) et de se trouver une nouvelle orientation musicale. 

Grâce à des titres tels que Better days are coming, Sooner or later, Let's seize the time et Come on people, il tente de renouer avec son optimisme habituel.



La nostalgie qui se dégage de Good, good old days nous montre néanmoins que Jimmy Cliff ne peut complètement refermer la porte sur son passé. De même, When you're young nous présente un artiste ayant perdu ses espoirs de jeunesse, en pleine désillusion. 

Et pourtant ... si STRUGGLING MAN est effectivement réalisé à l'un des moments les plus bas de la vie du musicien, le destin, capricieux comme pas deux, dès l'année suivante, en 1973, grâce à la sortie américaine du film THE HARDER THEY COME (avec Jimmy en acteur principal) lui permettra de connaître quelques temps durant une énorme popularité.  

C'est en tout cas l'intensité du combat du chanteur en ces moments troubles de son existence, sa confusion et sa douleur qui conférent à STRUGGLING MAN toute son émotion brute, son humanité et son honnêteté. 

Cet album est pour moi le sommet de la carrière de Jimmy Cliff. Transcendant les genres, STRUGGLING MAN n'est pas qu'un album de ska / reggae semblable à des milliers d'autres, il a sa propre personnalité, bien plus que n'importe quel album de Bob Marley qui ne sont, finalement, que des collections (au bon sens du terme !) de singles.

Paradoxalement, cet album très personnel, album du coeur comme on en fait plus, en dépit de son très faible retentissement commercial est  certainement l'une des galettes les plus "universelles" des années 1970, véritable sommet que Jimmy Cliff ne parviendra jamais à dépasser.

S'il est à parier que Jimmy Cliff n'a pas que des bons souvenirs de STRUGGLING MAN, ce dernier est néanmoins l'un de ses albums qui aura le mieux résisté à l'impitoyable passage du temps.

Universel et intemporel, je vous dis. 


Bonne écoute ...


Sooner or later 

Better days are coming 

Good good old days 

Come on people 

et ma petite préférée ...

Can't live without you (avec les plus beaux "lalala" du monde)

Allez, je ne résiste pas au plaisir de vous présenter trois autres bijoux du petit Prince du reggae :

Many rivers to cross




The harder they come




You can get it if you really want




A BIENTÔT ...
par Thierry publié dans : MUSIQUES DU MONDE
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Vendredi 13 juillet 2007



Mille mercis pour vos souhaits de bonheur exprimés suite à mon mariage avec Julie, le 23 juin dernier.

Désolé de ne pas avoir donné de "signe de vie" plus tôt. 

J'avais besoin de mettre le blog quelque peu de côté, histoire de souffler quelque peu, après trois mois plutôt chargés, à tous les niveaux.

Je reviens donc ce jour dans la blogosphère. Le rythme sera beaucoup moins soutenu qu'auparavant et tout comme mes illustres co-blogueurs G.T. et SYSTOOL, j'essaierai de vous présenter un (voire deux) articles par semaine, à l'envie.

Pendant ma petite pause, j'ai en effet retrouvé le goût de visionner un film par soir, de lire (en écoutant beaucoup de musique, bien sûr !), etc etc ..., petits plaisirs que mon ancien rythme "blog" ne me permettait plus.

Sur ces pages, je continuerai donc à vous parler de jazz, de blues, de musiques soul, funk, de musiques du monde, ... 
Par contre, je pense ralentir le rythme sur les "nouveautés". 
En effet, si je les écoute dans le cadre de mon travail en bibliothèque, et même si j'aime en découvrir par curiosité, je dois admettre que la musique d'aujourd'hui me semble bien moins agréable, "musicale", fédératrice et intéressante que toutes les vieilleries, du moins en ce qui concerne le rock et ses dérivés, la Sainte Trinité jazz-blues-musiques du monde continuant, quant à elle, à m'émerveiller très régulièrement.

Pour synthétiser ma pensée (que j'ai déjà exprimé à plusieurs reprises dans divers articles), je dirais que, personnellement, en rock, une fois l'excitation de la découverte passée, plus des 3/4 des nouveautés terminent très rapidement leur vie dans le placard des oubliés...

Cela ne m'empêchera néanmoins pas de continuer à vous parler de certaines découvertes et d'alimenter le CLASSEMENT 2007.

Encore merci, et à bientôt !

par Thierry publié dans : AVIS A LA POPULATION
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Samedi 16 juin 2007

Cry to Me: The Best of Freddie Scott

Dans la grande famille des oubliés de la musique, je demande ... Freddie Scott.

Né en 1933 à Providence, Rhode Islands, l'ami Freddie était l'un des chanteurs Rhythm  & Blues (quand cette musique signifiait encore quelque chose) les plus intéressants.

Essentiellement connu grâce au titre Are you lonely for me ? qui se classa à la première place du hit-parade R&B en 1966, il connut également de jolis succès avec Hey, girl (de Gerry Goffin & Carole King) en 1964 - titre que devait initialement enregistrer Chuck Jackson (mais il ne se présenta pas au studio ce jour-là !), une adaptation du I got a woman de Ray Charles en 1964 également, Am I grooving you ? en 1967 et You got what I need en 1968.
Son dernier titre classé au Top-40 sera une reprise de Bob Dylan, l'intemporel I shall be released, en 1970. L'un de mes titres préférés de Freddie Scott est Just a friend. Je vous le propose en fin d'article, sous forme d'une vidéo présentant un mix entre la version originale de Scott et une "adaptation sucrée" réalisée par un obscur rappeur Biz Markie, au début des années 90.

Quelques albums et singles suivirent jusqu'en 1972, sans le moindre impact commercial. Devant ce manque de succès, Freddie Scott se résolut à faire de l'alimentaire, écrivant de nombreux jingles publicitaires, participant à des films de blaxploitation de série Z tout en conservant un rythme de concerts assez soutenu jusque la moitié des années 80. 

Il quitta alors complètement le milieu artistique pendant une quinzaine d'années avant d'y revenir au début des années 2000 en enregistrant, pour un album hommage au grand Van Morrison, une reprise de Brown-eyed girl et en publiant, en 2001, un album de blues intitulé Brand new man.

Freddie Scott est décédé le 4 juin dernier. 

Triste occasion pour redécouvrir certains de ses morceaux.

Bonne écoute !

Hey girl

Am I grooving you ? 

Are you lonely for me ?

Where were you ? 

Shake a hand 

et donc, comme promis, la "relecture" de Just a friend


publié dans : SOUL, FUNK, RHYTHM 'N' BLUES
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Vendredi 15 juin 2007



La fréquentation de l'album LIVE IN DUBLIN de Bruce Springsteen m'a donné envie de me replonger dans le monde de la musique folk qu'elle soit nord-américaine ou britannique. 

Après vous avoir parlé de John Prine hier, je vais donc vous présenter aujourd'hui Leon Rosselson. Je dois vous avouer qu'au contraire de John Prine dont je possède pratiquement toute la discographie, je ne connais que deux disques de l'ami Leon : SONGS FOR SKEPTICAL CIRCLES (1967) et THE WORLD IS HUGGA MUGGA CHUGGA ... (1971)

Entamée au début des années 60, sa carrière court sur les cinq dernières décennies (son dernier album en date serait a priori HARRY'S GONE FISHIN' sorti en 2000) et sa discographie fait de lui un des compositeurs les plus respectés de la folk anglaise au même titre que Bert Jansch, Martin CarthyNick Drake, Richard Thompson, John Kirkpatrick, Dick Gaughan, Billy Bragg et bien d'autres encore !

Je ne sais pas grand chose de Leon Rosselson que j'ai découvert complètement par hasard, il y a 5 ou 6 ans, chez des amis, au détour d'une compilation de musique folk présentant entre autres deux chansons extraites du très beau THE WORLD IS HUGGA MUGGA CHUGGA ... Les voici.

Coming home to you 

Do you remember 

N'ayant pas envie de Wikipédier, je m'en tiendrai ce soir à la simple présentation de quelques autres chansons de ce formidable troubadour dont l'univers n'est pas sans rappeler celui de Donovan.

Bonne écoute !

Dead men never die 

Procreation
publié dans : FOLK et NEO-FOLK (US + GB)
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Jeudi 14 juin 2007

 

Né en 1946 dans l'Illinois, John Prine est l'un des plus grands trésors méconnus de la folk traditionnelle américaine. Personnellement, j'irais même jusqu'à le considérer comme l'un des acteurs essentiels de ce style musical.

Après avoir passé deux ans dans l'US Air Force, il se fit remarquer, dès la fin des années 60, sur la scène folk de Chicago par Kris Kristofferson qui lui donna l'occasion d'enregistrer son premier album, JOHN PRINE, en 1971.

Véritable coup de maître, cet album reçut un très bon accueil critique mais ne connut aucun succès commercial. La recherche du succès à tout prix n'étant pas ce qui l'intéressait le plus, il ne se découragea point et s'évertua à conserver un rythme de production assez élevé tout au long de sa carrière et, au bout de 36 ans de bons et loyaux services rendus au folk, à la country et à la musique américaine en général, il continue de produire d'excellents albums dont le dernier en date, STANDARD SONGS FOR AVERAGE PEOPLE, sorti cette année a été réalisé en compagnie du guitariste de bluegrass Mac Wiseman.


John Prine  Sweet Revenge  Bruised Orange


Si bien sûr, le meilleur de sa production remonte aux années 1970 (âge d'or de la folk américaine), avec les trois essentiels JOHN PRINE (1971) / SWEET REVENGE (1973) et BRUISED ORANGE (1978), John Prine est l'un des rares musiciens américains à avoir une carrière parfaitement cohérente sur une durée aussi longue, ne produisant pas un seul mauvais album.

Peut-être a-t'il pu maintenir cette qualité de production parce qu'il n'a jamais connu de véritable succès commercial. Son album le plus vendu (250000 exemplaires ... c'est ce que vend l'affreux R. Kelly en moins d'une semaine) est l'excellent THE MISSING YEARS, produit en 1991 par Howie Epstein, de Tom Petty & The Heartbreakers, avec des collaborations de Bruce Springsteen, Bonnie Raitt et bien sûr Tom Petty.


The Missing Years


A noter deux autres très bons albums de John Prine : son LIVE "acoustique" (avant la mode "unplugged") de 1988 et IN SPITE OF OURSELVES (1999) qui lui a donné l'occasion d'enregistrer en compagnie des plus belles voix féminines de la folk, telles qu'Emmylou Harris, Lucinda Williams, Melba Montgomery, ...


Live  In Spite of Ourselves 

Reconnu par ses pairs, John Prine a vu nombre de ses compositions reprises par d'autres artistes : Paradise par The Everly Brothers, Hello in there par  Bette Midler & Joan Baez, ...

Bref, John Prine est un des artistes mineurs majeurs de la scène folk américaine et son oeuvre est à (re)découvrir au même titre que la production des années 70 de Jackson Browne, de Kris Kristofferson, des Little Feat et de Willy Nelson

La première fois que j'ai écouté la musique, et surtout la voix, de John Prine, j'ai songé à Steve Earle. Et vous !?

Bonne écoute !

Sam Stone

Dear Abby 41 

Often is a word I seldom use 

Sabu visits the twin cities alone

The hobo song 

Speed of the sound of loneliness
(avec Nanci Griffith)




Paradise (3'40) + 3 minutes d'interview + Donald & Lydia

publié dans : FOLK et NEO-FOLK (US + GB)
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