Présentation

Vendredi 8 juin 2007

Fruteland Jackson

Fruteland Jackson ... est un immense gaillard d'une bonne cinquantaine d'années (il est né en 1953 dans l'Etat du Mississippi)  qui nous propose du blues et de la musique américaine d'une beauté stupéfiante depuis déjà plus de 15 ans. Son nouvel album, TELL ME WHAT YOU SAY, sorti il y a deux mois, ne déroge pas à la règle et s'est installé tranquillement tout en haut de mon hit-parade 2007, en compagnie du LIVE IN DUBLIN de Bruce Springsteen.

Ces deux albums sont là pour nous rappeler que la musique a une histoire et de vraies racines et surtout que pour s'inscrire dans la durée, elle doit, non seulement ne pas trouver sa base dans de gros "coups commerciaux", mais aussi essayer d'être la plus naturelle possible. 
Je suis tout à fait conscient d'être un peu / beaucoup incohérent avec mon propre classement. Bien sûr, j'ai mis 4 ou 5 étoiles à des albums comme ceux d' Amon Tobin, Of Montreal ou LCD Soundsystem. Ces albums sont très bien en soi, mais ... qui aura véritablement envie de s'y replonger d'ici quelques années, peut-être même d'ici quelques mois à peine ? 
Bon ok, le Tobin est formidable, mais quitte à choisir entre lui et Fruteland Jackson, c'est sans hésitation que je choisirai le père Jackson.

En plus d'être un musicien accompli, ce dernier s'est investi d'une mission. 

"Activiste du blues", comme il aime à se décrire,  il essaye de diffuser aux plus jeunes, à travers des cours, l'histoire de sa musique si triste et pourtant fondamentalement joyeuse. 




Le genre, on le sait, remonte à la tradition des griots africains et aux chants psalmodiés dans les cales des négriers. Le Congrès américain a néanmoins décidé d'en fêter le centenaire et a même décrété 2003 "année du blues" ! 

Reconnaissance tardive du peuple états-unien à la nation noire ? Ou enterrement de première classe ? 

Je ne saurai trop me prononcer. En effet, si on en reste au plan strictement musical, le blues semble depuis une dizaine d'années, connaître un véritable renouveau grâce à des musiciens tels que notre ami, donc, ou Corey Harris, Lucky Peterson, Mighty Mo Rodgers, et bien d'autres encore.  Tous, chacun à leur manière, essaient de faire mentir cette idée reçue selon laquelle le blues ne serait qu'un club de musiciens disparus, parmi lesquels Robert Johnson, Muddy Waters et Howlin' Wolf.

Par contre, certains "détails" me laissent à penser que ce sont encore et toujours les "Blancs" qui tirent les ficelles. En effet, pour la série de sept films produite par Martin Scorsese et intitulée THE BLUES, on aurait pu imaginer que Spike Lee, John Singleton ou quelque autre cinéaste noir nous offre son regard sur ce pan de l'histoire noire-américaine. Ce ne fut pas le cas. Les films furent signés, notamment, de Scorsese lui-même, Wim Wenders, Clint Eastwood et Marc Levin. Vision blanche stéréotypée de la musique noire ou reconnaissance véritable ? Que chacun se fasse son avis.

Essayons néanmoins de rester positif et considérons uniquement le blues sous son aspect musical. Force est de consater que, éclaté en de multiples sous-genres, tels que le country blues, le blues-rock ou le zydéco (mélange louisianais de patois du 17ème siècle et d'accordéon), le genre est plus vivace que jamais. 



Il est d'autant plus vivace quand il retrouve ses racines. Constatation qui me permet de revenir à notre artiste du jour, Fruteland Jackson. Excusez-moi pour cette longue digression.

Fruteland est donc l'un des plus dignes représentants du blues américains et essaie de perpétuer la vitalité du blues acoustique en déclinant une musique en même temps traditionnelle et contemporaine, celle des champs de cotons le long du Delta et celle du Piedmont (je vous parle prochainement de John Dee Holeman !). 
Après divers métiers, c'est seulement au milieu des années 80, en triant la collection de vieux 78 tours de son père, qu'il découvre et s'immerge véritablement dans la "musique du diable". Une véritable révélation qui le pousse même à apprendre cette musique en auto-didacte grâce aux oeuvres de Robert Johnson, Johnny Shines, Howling Wolf, Muddy Waters, ...

La vie de Fruteland Jackson ne serait désormais plus jamais la même. La mienne non plus, d'ailleurs.


Blues 2.0


Je vous recommande bien entendu grandement la fréquentation des albums de Fruteland Jackson :

I CLAIM NOTHING BUT THE BLUES (2000) 
BLUES 2.0 (2003)
TELL ME WHAT YOU SAY (2007)

  Tell Me What You Say

Voici d'ailleurs trois extraits de ce nouvel album, dont une superbe "adaptation" (I won) au piano de Me and the devil, interprétée à l'origine par le père du blues du Delta, Robert Johnson, ainsi qu'une reprise de l'universel You are my sunshine.

Bonne écoute !

My baby left me all alone 

I won 

You are my sunshine 

Tell me what you say

publié dans : BLUES
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Jeudi 7 juin 2007



Dans les années 50 et 60, Duke Ellington et Coleman Hawkins s'adonnèrent régulièrement aux plaisirs de collaborations réalisées avec des musiciens plus jeunes. Par exemple, nous pouvons citer la formidable association Duke Ellington / Max Roach / Charles Mingus qui nous offrit le classique MONEY JUNGLE en 1962, ainsi que le superbe COLEMAN HAWKINS ENCOUNTERS BEN WEBSTER (1957).

 


DUKE ELLINGTON MEETS COLEMAN HAWKINS est le seul enregistrement associant ces deux géants du jazz. Nés avec à peine cinq ans d'écart, Ellington et Hawkins ont en effet mené des carrières parallèles pendant toute l'époque du jazz-swing, mais ne s'étaient jamais retrouvés à travailler ensemble avant cette session de 1962. 

Cette dernière se révèle toute aussi surprenante et intéressante que les autres enregistrements collaboratifs évoqués ci-dessus. 



Ellington a ici convoqué certains de ses meilleurs caporaux : les saxophonistes Johnny Hodges (alto) et Harry Carney (baritone), le tromboniste Lawrence Brown et le trompettiste / violoniste Ray Nance

Coleman Hawkins ne rencontre aucune difficulté à insérer naturellement le jeu robuste de son saxophone ténor. On dirait qu'il a joué toute sa vie avec ces musiciens et cette union des plus harmonieuses nous fait donc voyager  en douceur et avec bonheur à travers une sélection de morceaux ellingtoniens, alternant standards et nouvelles compositions. 



Les moments les plus forts de ce petit bijou sont Mood indigo (parfait véhicule pour le saxophone de Coleman Hawkins), Self-portrait of the bean (pour la petite histoire, la composition de ce titre ne fut achevée que le jour-même de son enregistrement), ainsi que les touches latines que l'on retrouve sur Limbo jazz et The Rictic.

Comme d'habitude avec Ellington, voici donc un album à (re)découvrir et à écouter sans modération !

Bon jazz !

Limbo jazz 

Mood indigo 

Self portrait of the bean 

The ricitic

publié dans : JAZZ
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Mercredi 6 juin 2007



Triste nouvelle. Je viens d'apprendre, avec près d'un mois de retard, la disparition de l'un des plus grands ambassadeurs de la musique africaine, et en particulier du Nigeria, à savoir Chief Stephen Osita Osadebe.

"Chief" est décédé le 11 mai dernier, dans le Connecticut, à l'âge de 71 ans, des suites de problèmes pulmonaires. 

Chief Stephen Osita Osadebe, s'il était moins connu à l'international que King Sunny Ade et Fela Anikulapo Kuti, était pourtant une véritable vedette en son pays natal. 

"Ré-inventeur" de la musique highlife (style de musique né au Ghana très coloré, joyeux, festif comme vous pourrez vous en rendre compte grâce aux extraits mis en écoute en fin d'article), il y a enchaîné les succès (le premier survint en 1958, sous la forme du morceau Adamma ) et y détient le record de l'album le plus vendu avec OSONDI OWENDI en 1984. 




Fait très rare pour être signalé, il était parvenu à se faire aimer par toutes les ethnies de son pays, ce qui explique son immense succès commercial et une popularité jamais démentie. 
Son public le surnommait d'ailleurs "le docteur de l'hypertension" pour faire référence aux vertus curatives de sa musique !

Très tôt influencé par Nat King Cole (qui chanta, entre autres, en anglais et en espagnol), Osadebe composa plus de 500 chansons (musique et paroles), et entreprit lui aussi de chanter en plusieurs langues : en anglais, en anglais "pidgin", et en ibo (le dialecte de son ethnie).  



Pour essayer de vous faire découvrir l'univers de "Chief", voici dans son intégralité, mon album préféré de ce grand bonhomme de la musique nigérianne, OSADEBE'75, paru en 1974. Attention, certains morceaux s'enchaînent.

En espérant que cete triste nouvelle vous permette un beau voyage africain !

Bonne écoute !

01 Onu kwube 

02 Ejim ofor aga 

03 Instrumental 

04 Odindu nylaba 

05 Nri sports di uso

et une petite vidéo (de très mauvaise qualité, désolé !)

Onuigbo

publié dans : MUSIQUES DU MONDE
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Mardi 5 juin 2007

Pianiste pionnier du boogie-woogie, Jimmy Yancey a commencé sa carrière en jouant dans d'innombrables clubs de la région de Chicago entre 1915 et mai 1939, date à laquelle il fut repéré par un petit label qui lui donna l'occasion deux morceaux. Cet enregistrement lui valut d'être signé par le label Victor pour lequel il enregistra alors des albums complets.

Notons que Yancey fut le premier artiste de boogie-woogie à enregistrer des morceaux "en solo". Ce fait de gloire ne lui permit néanmoins jamais de vivre pleinement de son art, et il dut conserver son travail jusqu'à sa mort pour pouvoir subsister à ses besoins.

Après quelques albums chez Victor, Yancey signa successivement chez Solo ArtOKeh et Bluebird.

Dans la famille Yancey, je voudrais ... Madame Yancey !

En effet, Jimmy enregistra des albums en compagnie de son épouse, Estelle "Mama" Yancey et ils se produisirent d'ailleurs ensemble sur la scène du Carnegie Hall en 1948.

Si Jimmy Yancey ne disposait certes pas d'une technique "flamboyante", sa main gauche, imprévisible, lui permettait de tenir en haleine un public qui ne savait jamais ce qu'elle allait lui offrir.

Parmi les personnes qu'il a le plus influencées, on retrouve de grands noms tels que Meade "Lux" Lewis, Pinetop Smith, Albert Ammons et, bien évidemment, Professor Longhair

Allez, quelques extraits pour vous faire une idée !

Bonne écoute ... 

Mournful blues

Monkey woman blues (avec Mama Yancey)

publié dans : BLUES
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Lundi 4 juin 2007

     

anti_bug_fckBootsy Collins : What so never the dance (1971)
pas forcément le titre le plus connu de Bootsy (inédit en album jusqu'à la compilation de 1994) 
BACK IN THE DAY - THE BEST OF BOOTSY
What so never the dance (extrait) 




Stevie Wonder : I wish (1976)
l'un des titres les plus connus de Stevie, extrait de SONGS IN THE KEY OF LIFE

I wish (extrait) 



Emprunt ? Vol ? Simple inspiration ? A chacun de se faire son idée ...


Pour conclure, voici les deux morceaux dans leur intégralité.

What so never the dance

I wish
publié dans : REPRISES ET INSPIRATIONS DOUTEUSES
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