Présentation

Samedi 17 mars 2007 6 17 03 2007 00:04

 

Comme promis en début de semaine, voici le premier volet dédié à la Musique de la Nouvelle-Orléans.

Je commencerai bien entendu par l'inévitable et indispensable

PROFESSOR LONGHAIR !

Après avoir dansé des claquettes sur Bourbon Street pour gagner sa vie, Professor Longhair eut le bonheur de voir sa carrière de pianiste décoller en 1949 quand il eut l'opportunité d'enregistrer 4 morceaux, dont l'intemporel Mardi Gras in New Orleans, pour un label régional (qui sert, depuis la mort du musicien en 1980, d'hymne au Carnaval de la Nouvelle-Orléans).

Fort de ce succès local, le Professeur signa chez Atlantic, label pour lequel il enregistra entre 1950 1952, quelques-unes de ses pièces maîtresses, dont Tipitina, In the night, Ball the wall et Bald head (son seul titre classé à la première place du hit-parade Rhythm & Blues national).



Suivirent alors des années de vaches maigres, si ce n'est en 1964 grâce au formidable Big chief. Durant cette difficile période, le musicien abandonna pratiquement la pratique du piano. Fort heureusement, le promoteur d'un concert fit appel à lui en 1971 pour complèter l' affiche du Jazz & Heritage Festival.

Dès lors, le succès (tout relatif, bien sûr) ne devait plus quitter Professor Longhair qui produit alors, durant les dix dernières années de sa vie, de très bons albums, dont l'exceptionnel CRAWFISH FIESTA.

S'il n'a jamais eu de grand succès commercial, Professor Longhair a influencé d'innombrables artistes dont les plus célèbres sont probablement Fats Domino, Allen Toussaint, Jerry Lee Lewis et Dr John.

Illustrations musicales ?

Va pour 3  vidéos ...

Avec The Meters

Tipitina 

 

Everyday I have the blues

Avec The Meters, Earl King & Dr John

Big chief

Une très bonne anthologie du Professor est sortie récemment. Je vous la recommande fortement !

 

Après vous avoir parlé de Professor Longhair, je ne peux résister à l'envie de vous présenter l'un de mes autres pianistes préférés de la Nouvelle-Orléans. Il s'agit d' Armand Hug, pour lequel il est très difficile, malheureusement, de trouver de la documentation, en dépit d'un succès local plus qu'honorable !

Je vous dirai donc simplement qu'au cours de sa longue carrière (de 1926 à 1977), il acommencé par jouer en tant que musicien accompagnateur (pour des groupes tels que le Harry Shield’s Band et le New Orleans Owls, entre autres), avant d'entamer, dès 1941, à l'âge de 31 ans, une fructueuse carrière solo au cours de laquelle il réalisa plus de 250 enregistrements officiels.   

Pour avoir un petit aperçu de l'immense talent du bonhomme, il vous suffit de cliquer sur les trois liens ci-dessous.

Bonne découverte !

Dixie Jam Session

Easy goin' blues

Buzzard's parade

 

Allez, soyons fous, dans notre lancée, découvrons un troisième pianiste de la Nouvelle-Orléans, fort malheureusement également oublié ...

ALTON PURNELL

Zurück

Pour aller à l'essentiel, nous dirons simplement qu'Alton Purnell a commencé sa carrière en 1928,en tant que chanteur, avant de devenir pianiste au sein du George Lewis' Ragtime Band en 1946. En 1957, Purnell quitta la Nouvelle-Orléans pour Los Angeles, où il joua en compagnie, entre autres, de Teddy Buckner et Ben Pollack.

En tant que musicien leader, il eut sa petite heure de gloire en 1958 quand il put enregistrer un album complet, intitulé FUNKY PIANO NEW ORLEANS STYLE, pour Warner, dont voici trois extraits. 

Stackolee

Slow goin fast-comin back

St Louis blues

Voilà, voilà, j'espère ne pas vous avoir volé trop de temps en ce tout début de week-end... Très certainement à demain !

Par Thierry - Publié dans : NOUVELLE ORLEANS
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Vendredi 16 mars 2007 5 16 03 2007 00:00

Cet album de 1954 est l'un de mes disques de chevet.

Et ce, pour des tas de raison ... Pour le timbre unique de la voix de Sarah Vaughan, bien sûr (probablement l'une des plus belles voix jamais enregistrées !). Mais aussi parce qu'elle entretient ici un dialogue "d'égal à égal" avec le saxophone de Paul Quinichette,le piano de Jimmy Jones, la flûte de Herbie Mann, et la mythique trompette de Clifford Brown dont on imagine aisément la carrière qu'il aurait pu faire s'il n'était mort, à l'âge de 26 ans, dans un accident de la route.

De plus, toutes les chansons, sur cet album, sont des "tours de force". Je dirais, vulgairement, qu'il n'y a ici rien à jeter.

Et rien que pour deux chansons, les superbes "Embraceable you" et "April in Paris", si le monde était bien fait, cet album se devrait de figurer dans tous les foyers de la planète et de l'au-delà.

Ne soyez pas surpris si, à l'écoute de ce disque, des larmes de joie viennent vous serrer à la gorge, il n'y aurait rien de plus normal !

Bonne écoute !

April in Paris

Embraceable you  

Et, pour le plaisir, voici la vidéo d'une autre chanson interprétée par Sarah Vaughan, quelques années plus tôt, en 1951.

The Nearness of You

Par Thierry - Publié dans : JAZZ, BLUES, RHYTHM 'N' BLUES
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Jeudi 15 mars 2007 4 15 03 2007 00:04

 

 Nick Cave et ses acolytes retrouvent l'électricité !

Cela faisait bien longtemps (depuis 1994 et l'album LET LOVE IN, en fait) qu'on n'avait pas entendu Nick Cave aussi énervé et en voix. Le projet Grinderman nous rappelle heureusement que l'Australien n'est pas uniquement ce bluesman assagi qui roucoule au piano de sombres histoires d'amour, accompagné des Bad Seeds.

Pour ce projet "parallèle", Cave s'entoure de la partie folle des Bad Seeds, à savoir Warren Ellis, Martyn Casey et Jim Sclavunos, pour revenir aux racines d'un blues électrique et nous raconter des histoires tordues, morbides et parfois même salaces.

L'album s'ouvre sur quatre morceaux épatants et intenses : Get It On, No Pussy Blues (je vous laisse traduire le titre !), Electric Alice et le superbe et envoûtant Grinderman. Il faudra attendre la fin du disque pour retrouver de tels moments d'intensité (When My Love Comes Down, Love Bomb).

Si Grinderman n'est pas, dans son ensemble,la "saleté poilue dégoulinante de crasse et de noirceur" annoncée, il permet néanmoins à Nick Cave de sortir de son rôle de "joueur de piano-bar" dans lequel il semblait s'être enfermé, proche de l'auto-caricature parfois, depuis quelques années.  

En conclusion, un très bon album qui devrait ravir les fans de la première heure heure tant au niveau du son (beaucoup plus brut de décoffrage, donc) qu'au niveau des textes qui nous montrent, une fois de plus que Nick Cave est l'un des auteurs les plus talentueux de notre époque.

Et surtout, Grinderman se révéle être un album bien plus intéressant que celui proposé par la reformation des papys Stooges ... 

Pour une critique très bien construite, n'hésitez pas à passer sur l' ART-ROCK de G.T. !

Et pour vous faire votre propre opinion, voici les quatre premiers morceaux de l'album.

Bonne écoute !

Get it on 

No pussy blues

Electric Alice

Grinderman

Si vous aimez Nick Cave, n'hésitez pas à vous procurer le très bon western qu'il a écrit, THE PROPOSITION, ainsi que sa Bande Originale, réalisée en compagnie du fidèle Warren Ellis.

 

Par Thierry - Publié dans : PAPY ET MAMY FONT DE LA RESIST
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Mercredi 14 mars 2007 3 14 03 2007 00:40

Charles Mingus : BLUES & ROOTS, ou ... Charles Mingus va à l'église !

Sans aucun doute l'un de mes quatre ou cinq albums préférés (avec THE BLACK SAINT AND THE SINNER LADY, THE GREAT CONCERT, TIJUANA MOODS, LET MY CHILDREN HEAR MUSIC, MINGUS MINGUS MINGUS MINGUS, ... ça en fait déjà 6 ! Je m'arrêterai donc là.) de l'immense contrebassiste.

Un album plein de blues et de "spirituals", traités à la Mingus. Cet album présente quelques-unes des performances les plus mémorables de Mingus. Il suffit d'écouter Wednesday night prayer meeting et E’s flat Ah’s flat too (mis en écoute en fin d'article) pour s'en rendre compte.

Notons ici également la présence de musiciens tous plus exceptionnels les uns que les autres, et tout particulièrement la section saxophones de rêve, composée de Jackie McLean, John Handy, Booker Ervin, et Pepper Adams.

Bonne écoute !

Wednesday night prayer meeting

E's flat Ah's flat too

Par Thierry - Publié dans : JAZZ, BLUES, RHYTHM 'N' BLUES
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Lundi 12 mars 2007 1 12 03 2007 23:57

L' album de John Lee Hooker à posséder absolument ...

Cet album, sorti en 1971, et que j'ai découvert en 1991 lors d'une soirée étudiante bien arrosée, fut l'album qui m'amena à approfondir mes (très) vagues connaissances en blues. Je ne connaissais alors que des groupes tels que ZZ Top, Canned Heat et quelques grands succès de bluesmen célèbres, dont John Lee ou BB King, bien sûr.

Et soudain, sans prévenir, cet album, ENDLESS BOOGIE, arriva ... Quelle claque !!!

La majorité des 11 titres du disque dépassent les 5 minutes, et les mauvaises langues pourraient, si elles n'écoutaient que d'une oreille distraite, dire qu'il ne s'agit là que de longues improvisations, des jams.

Mais non, tout est en fait très bien structuré (écoutez par exemple le premier morceau que je vous propose ..., "Pots on, gas on high", plus de 11 minutes rondement menées), grâce à la voix de John Lee Hooker et les parfaites contributions de musiciens alors au sommet de leur art, tels que Steve Miller (celui du "Joker"), Mel Brown, Gino Skaggs et le regretté Jesse Ed Davis.

Bref, un "must" absolu, bien loin du blues traditionnel "à la papa" !

Tiens, le fait de vous parler de ce disque me donne envie de réécouter l'album collaboration Canned Heat / J.L. Hooker ...

Mais, en attendant ...

Pots on, gas on high

Endless boogie (Parts-27 and 28)

Par Thierry - Publié dans : BLUES
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Lundi 12 mars 2007 1 12 03 2007 00:08

Avant les événements tragiques liés à l'ouragan Katrina, la Nouvelle-Orléans fut célèbre pour être une ville au foisonnement musical incomparable par la multiplicité des cultures qu'elle absorba au cours du  siècle dernier.

 Fats Domino

De la fusion des musiques créole, cajun, latine, des caraïbes au jazz et au blues de l'époque naquît un style des plus particuliers dont les pianistes Fats Domino et Professor Longhair furent les représentants les plus célèbres.

 Professor Longhair

     

 Lee Dorsey

 

 

 

Un genre relayé par une nouvelle génération d'artistes durant les années 60-70, dans un registre soul-funk qui conserva la saveur du son "made in New-Orleans".

Parmi ces artistes, nous pouvons citer The Meters, The Neville Brothers, Eddie Bo, Dr John, Lee Dorsey, Allen Toussaint, ... Tous sont parvenus à faire évoluer avec brio et bonheur le rhythm & blues de la Nouvelle-Orléans des années 50, lequel joua un rôle très important dans l'émergence du ska en Jamaïque.

 Allen Toussaint

Si vous ne connaissez pas bien cette musique, je vous recommande une très bonne compilation qui devrait vous permettre de vous familiariser avec certains des grands noms évoqués un peu plus tôt.

Dans les jours et semaines à venir, j'essaierai d'ailleurs de vous parler de certains d'entre eux de manière un peu plus approfondie.

Et pour vous mettre l'eau à la bouche, ...

Fats Domino

Ain't that a shame 

 

Professor Longhair & The Meters

Tipitina 

Par Thierry - Publié dans : NOUVELLE ORLEANS
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Dimanche 11 mars 2007 7 11 03 2007 11:03

Quand la musique rimait encore avec simplicité et plaisir de jouer ...

Heureusement, Dalida n'était pas disponible le jour de l'enregistrement !

Par Thierry - Publié dans : VIDEO
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Dimanche 11 mars 2007 7 11 03 2007 00:21

Billy Harper est un musicien discret, trop discret, beaucoup trop discret. Pourtant, ce saxophoniste ténor fait, sans aucun doute possible, partie des figures les plus intègres du jazz, et l'une des plus respectées !

Formé à l’école des Jazz Messengers de Monsieur Art Blakey, à la fin des années 60, puis intervenant régulier "chez" Max Roach, Lee Morgan, Randy Weston, il a décidé en 1979 de lutter contre sa "timidité maladive" afin de cesser toute activité d'accompagnateur pour se consacrer tout entier à la musique qu’il souhaitait faire partager, quitte à n’avoir qu’une audience réduite mais fidèle. 

Black Saint

La musique de Billy Harper, fortement empreinte de mysticisme et de reprises inlassables de thémes  (on touche très souvent à la "transe"), fait par son intensité, immanquablement penser à celles de John Coltrane et Albert Ayler, essentiellement, mais aussi à celles de Pharaoh Sanders, Miles Davis et Freddie Hubbard. 

Les références pourraient être pires !

Somalia

De l'excellente discographie de Billy Harper, je retiens notamment les magnifiques CAPRA BLACK (1973), BLACK SAINT (1975) AWAKENING (1979), SOMALIA (1993) et SOUL OF AN ANGEL (2000).

BONNE ECOUTE !

Thy will be done (C'est parti pour plus de 20 minutes !)

Light within

Par Thierry - Publié dans : JAZZ, BLUES, RHYTHM 'N' BLUES
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Samedi 10 mars 2007 6 10 03 2007 00:09

LES HERITIERS DES BEATLES ET DE CROWDED HOUSE ...

La bio officielle de Peter Bjorn And John nous indique qu'il s'agit bel et bien d'un trio comme le laisse supposer son nom, trio scandinave basé à Stockholm, la capitale suédoise.

Peter & Bjorn sont de vieux potes du collège.

Quant à John il rencontre les précédemment cités en 1999.

Mais laissons de côté ces trivialités et écoutons ... quelques extraits de leurs 3 albums publiés à ce jour, dont le formidable WRITER'S BLOCK (2006). Vous devriez y reconnaître de fortes influences pop (Beatles, Crowded House, Kinks, Radiohead, ...). 

The chills

Matchmaker

Saturday night at the parties

100 m of hurdles  

Et une petite vidéo, qui devrait vous donner envie de siffloter !

Young folks

Par Thierry - Publié dans : LA NOUVELLE STAR
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Vendredi 9 mars 2007 5 09 03 2007 13:18

La musique brésilienne est l'une des musiques qui s'ouvre le plus facilement au reste du monde. Telle une éponge, elle absorbe énormément de styles différents et se les approprie. Fort heureusement, la Musique Populaire Brésilienne parvient à conserver son identité forte.

Pour en revenir à ces fameuses ouvertures, ou liens, et plus particulièrement les passerelles existant entre les musiques brésilienne et japonaise, je vous invite à consulter les archives des Chants Ethérés. Christian, bien plus spécialisé que moi en ce domaine en a effet parlé avec beaucoup plus de talent !

http://chantsetheres.free.fr/article-3694223.html

Pendant quelques semaines, pour illustrer ces affinités muscales, je vais vous proposer quelques vidéos extraites de deux superbes concerts donnés par Jaques & Paula Morelenbaum, accompagnés de Ryuichi Sakamoto, à à Akasaka, en août 2001

SABIA (Antonio Carlos Jobim / Chico Buarque) 

TEMA PARA ANA (Antonio Carlos Jobim)

SO TINHA DE SER COM VOCE (Antonio Carlos Jobim / Aloysio de Oliveira)

A SUIVRE ...

Par Thierry - Publié dans : VIDEO
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