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Lundi 2 juin 2008



Fantastique disque de néo-soul / néo-blues, Good Bread Alley emprunte son nom à celui d’un ghetto noir de Floride au début du vingtième siècle et devrait plaire aux admirateurs de Marvin Gaye, Gil Scott-Heron, Terry Callier, Bill Withers (dont il reprend d'ailleurs ici le protest-blues I can't write left-handed  qui dénonçait la guerre du Vietnam), artistes soul engagés des années 70.

Good Bread Alley est un disque à la conception presque "classique" dans la très riche et diversifiée carrière de Carl Hancock Rux, "poète" afro-américain, (infos ICI et LA), riche en atmosphères et à la production en tous points parfaite et raffinée.

On pense ainsi souvent au What's going on de Marvin Gaye ou aux productions plus récentes du génial Marc Anthony et de son groupe Chocolate Genius Inc., artiste dont il faut absolument que je vous parle prochainement !




Personne ne devrait rester insensible à l'organe vocal, puissant et chaleureux, de notre artiste du jour, auteur de ce chef d'oeuvre malheureusement passé un peu trop inaperçu et qui restera probablement l'un des meilleurs albums, sombre et lumineux, de 2006.

Ma note : 10 / 10

Bonne écoute !

Tracklist :
Good Bread Alley
(vidéo 1)
My brother's hands (Union song)
Thadius Star (vidéo 2)
Behind the curtain
Lies
Geneva
Black of my shadow   (co-écrit avec Vinicius Cantuaria) (clic)
All the rock stars (For Kurt Cobain)
Living room
I can't write left-handed  (clic)
Better left unsaid


Good Bread Alley





Thadius Star

par Thierry publié dans : SOUL, FUNK, RHYTHM 'N' BLUES
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Vendredi 30 mai 2008

http://deluxeload.com/up_bilder/08/0319/1205945537.jpg
Sortie : mars 2008 (chez Crazatic Entertainment)
Découvert : mars 2008 (internet)

En cette (presque) fin de premier semestre 2008, je dois vous avouer avoir quelque peu délaissé le jazz ces derniers temps pour écouter énormément de blues, (néo-)folk, pop, musiques du monde et soul / r'n'b (60s-70s et 2000s).

Si l'actualité récente dans ce dernier domaine est bien entendue dominée par la sortie de Lay me down du Révérend Al Green (clic), il serait dommage de passer à côté des petites merveilles que sont les albums de Baby Charles (dont je vous ai déjà parlé ICI 
) et de Taniq, The life and times of love  (dont il est question aujourd'hui).

A la première écoute, mon avis était un peu mitigé en raison des quelques passages "rappés" parsemant les onze chansons de The life and times of love

Sentant néanmoins que cet album dégageait un petit supplément d'âme plus qu'évident, je me décidais de lui donner une deuxième, puis une troisième, etc ... chance. L'album ne quitta plus mes oreilles de toute l'après-midi. Il avait en effet très rapidement, de par ses multiples qualités, vaincu mes minimes réticences et faisait désormais partie de ma vie.



Taniq est donc un duo constitué du couple (sur scène comme à la ville) Miko & Carolyn qui écrit et produit lui-même en grande partie ses propres compositions, réminiscentes du meilleur de la scène soul de Philadelphia des années 70, ainsi que du meilleur du new-soul à la Jill Scott par exemple.

L'avantage de la formation en duo est qu'elle offre un a priori positif puisque, inconsciemment, elle fait automatiquement écho à des collaborations aussi réussies que celles de Billy Preston & Syreeta Wright, Ashford & Simpson, Marvin Gaye & Tammi Terrell, Rick James & Teena Marie, ...

Ardent défenseur de la soul / r'n'b des années 60-70, je me dois de reconnaître que, pour une fois, ces comparaisons ne sont pas usurpées : grâce à Taniq, le flambeau de la (bonne) musique soul voit ses flammes quelque peu ravivées.

Je ne vous ferai pas ici de description "piste par piste" car The life and times of love est un album cohérent de bout en bout, l'un des rares albums de soul sortis cette dernière décennie pour lequel je n'ai envie de sauter aucune piste.

Un seul petit bémol : les deux premières minutes en grande partie "rappées" de Scale of sacrifice (dixième et avant-dernier morceau de l'album) dont la "montée en puissance" assez exceptionnelle  permet de pardonner cette légère faute de goût.
 
Pour résumer, The life and times of love est un album quasi-parfait combinant soul, funk, hip-hop et jazz dans une production limpide, fraîche, intemporelle (équilibre rare entre classicisme et  modernité) et généreuse évoquant tour à tour l'esprit de tous les grands noms déjà cités dans cet article, noms auxquels j'oserais rajouter celui de Stevie Wonder dont l'influence est évidente sur des morceaux tels que Look at you now (clic) et ce Scale of sacrifice.

 



Un album qui, dans un monde plus juste aurait dû connaître les premières places de tous les hit-parades.

Un classique de la soul d'aujourd'hui que l'on prendra encore grand plaisir à écouter dans une vingtaine d'années.

Comment ne pas aimer un album commençant par un titre tel que Everything about you (clic) ?


Ma note :
(après 10 écoutes) --> 07 / 10
(après une trentaine d'écoutes) --> 09 / 10

Tracklist :
Everything about you
Sunrise
Hands in my pocket
Breakin' the rules
Deja my dear
Cupid shot me
Look at you now
Time will not wait
Summer in Zimbabwe
Scale of sacrifice
The life & times of love

Vous trouverez plusieurs extraits de l'album sur 
MySpace


Live "sampler"




A summer in Zimbabwe (extrait - Live)




Deja my dear (extrait - Live)

par Thierry publié dans : SOUL, FUNK, RHYTHM 'N' BLUES
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Mercredi 28 mai 2008


Sortie : 27 mai 2008 (chez Blue Note Records)
Découverte : ... mai 2008

Hier fut presque un jour de fête. En effet, Al Green nous présentait son petit dernier, Lay it down.

Constat immédiat : à l'heure où on reparle d'un "renouveau" soul plus ou moins authentique depuis déjà 5 ans, Al Green remet tout le monde en place! 

I can't stop du même Al Green ouvrait en effet, en 2003, après plus de dix ans d'une soul et d'un R'n'B insipides, une brèche dans laquelle se sont engouffrés de méritants héritiers (tels Anthony Hamilton, Nicole Willis, Sharon Jones ou plus récemment encore, Baby Charles (voir article)) de la musique noire américaine des années 70.
  

Stoppons là la digression et revenons-en à Lay it down.

Dès la première écoute, dès les premières secondes du premier morceau éponyme, on retrouve tout ce qui fait le charme et la magie du chanteur : sa voix, son rire, l'habillage des chansons, l'alternance mélancolie / joie de vivre, ... 

Les trois premières chansons (Lay it down, Just for me, et You've got the love I need) sont parfaites. Ensuite, on passe du très bon au quasi-parfait. 

On ressort du disque engourdi, comme quand on quitte un rêve qui ne devrait jamais s'achever. Sensation de "boucle" accentuée par le fait que, le rythme des compositions s'accélèrant sur les deux derniers morceaux (I'm wild about you [peut-être la chanson la plus faible de ce recueil] et Standing in the rain), on a presqu'inconsciemment envie de repartir à l'écoute de Lay it down dans la foulée.



La vraie magie de ce disque, produit tout en retenue par Questlove, et le génie d'Al Green émanent de l'impression que l'on a de le retrouver inchangé, comme si on ne l'avait jamais quitté.  En bon amoureux de musique noire américaine, il m'a été impossible de résister au pouvoir d'attraction de ce disque. Comme je vous le disais un peu plus haut, il m'a happé dès ses premières secondes pour ne plus me lâcher.

Il m'est impossible de ne pas aimer cette cuvée 2008 et pourtant, je suis tout à fait conscient que nous sommes très loin, comme il fallait s'y attendre, de Let's stay together et des productions de Willie Mitchell.

A 62 ans, le Révérend ne cherche en effet pas à surprendre ou à innover, il assume son âge et le clacissisme de cet album est tout à son honneur. 

Les invités (Anthony Hamilton [dont la voix me fait de plus en plus penser à Bill Withers], Corinne Bailey Rae,  John Legend,  ...) l'ont d'ailleurs bien compris et ne cherchent à aucun moment à tirer la couverture à eux. Ils jouent le jeu, et leur association au vieux brisquard de la soul nous permet donc d'avoir entre les oreilles un disque très plaisant, certes sans surprise, mais bien plus agréable que 99 % de la musique noire américaine actuelle.

Et si j'insiste autant sur le côté classique de ce très bel album, c'est de manière très positive. Al Green a décidé de rester vrai. Peu lui importe de conquérir un nouveau public. Ses jeunes invités sont là simplement pour montrer qu'il est bien vivant et toujours à l'écoute.

Al Green les enterrera tous.




Ma note : 08 / 10


Tracklist :
Lay it down 
(clic)
Just for me (clic)
You've got the love I need (vidéo 1)
No one like you
What more do you want from me
Take your time
Too much
Stay with me (By the sea) (clic)
All I need
I'm wild about you
Standing in the rain


You've got the love I need (avec Anthony Hamilton)
 




L'enregistrement de Lay it down :


par Thierry publié dans : SOUL, FUNK, RHYTHM 'N' BLUES
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Vendredi 16 mai 2008



Sortie : mars 2008
Découverte : mars 2008 (internet)
Label : Record Kicks

Originaire de Brighton (Angleterre), Baby Charles est un groupe mené par Dionne Charles (véritable James Brown au féminin) et sa voix exceptionnelle qui nous offre donc un premier album éponyme en tous points exceptionnel. Ce disque est, à mon humble avis, bien supérieur aux opus d' Amy Winehouse et fort probablement, la meilleure chose, avec Sharon Jones,  qui soit arrivée à la musique soul-funk depuis fort longtemps !

Ici, pas de tricherie, mais de la vraie musique, du coeur, du groove et de la sueur. Enfin de la musique "noire" qui respire !

A déconseiller donc à tous les admirateurs de chanteuses soulasses fadasses telles qu'Alicia Keyes, Joss Stones, Mariah Carey & Co.

A écouter par contre de toute urgence si vous avez des affinités certaines avec Sharon Jones & The Dap Kings, DJ Shadow (reprise de "This time")  et ... les Arctic Monkeys ( reprise de leur  "I bet you look good on the dancefloor" ) !

Ma note : 09 / 10

Tracklist :
Treading water (cliquer pour écouter)
Invisible
Comin' from a higher place
Life's begun
No controlling me
Hardman to please
Step on
Indecision

I bet you look good on the dancefloor  (cliquer pour écouter)
Back of my hand  (cliquer pour écouter)
This time
The Sphinx (cliquer pour écouter)

Baby Charles : This time (extrait de concert)




DJ Shadow : This time

 



Arctic Monkeys : I bet you look good on the dancefloor (live)

par Thierry publié dans : SOUL, FUNK, RHYTHM 'N' BLUES
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Samedi 16 juin 2007

Cry to Me: The Best of Freddie Scott

Dans la grande famille des oubliés de la musique, je demande ... Freddie Scott.

Né en 1933 à Providence, Rhode Islands, l'ami Freddie était l'un des chanteurs Rhythm  & Blues (quand cette musique signifiait encore quelque chose) les plus intéressants.

Essentiellement connu grâce au titre Are you lonely for me ? qui se classa à la première place du hit-parade R&B en 1966, il connut également de jolis succès avec Hey, girl (de Gerry Goffin & Carole King) en 1964 - titre que devait initialement enregistrer Chuck Jackson (mais il ne se présenta pas au studio ce jour-là !), une adaptation du I got a woman de Ray Charles en 1964 également, Am I grooving you ? en 1967 et You got what I need en 1968.
Son dernier titre classé au Top-40 sera une reprise de Bob Dylan, l'intemporel I shall be released, en 1970. L'un de mes titres préférés de Freddie Scott est Just a friend. Je vous le propose en fin d'article, sous forme d'une vidéo présentant un mix entre la version originale de Scott et une "adaptation sucrée" réalisée par un obscur rappeur Biz Markie, au début des années 90.

Quelques albums et singles suivirent jusqu'en 1972, sans le moindre impact commercial. Devant ce manque de succès, Freddie Scott se résolut à faire de l'alimentaire, écrivant de nombreux jingles publicitaires, participant à des films de blaxploitation de série Z tout en conservant un rythme de concerts assez soutenu jusque la moitié des années 80. 

Il quitta alors complètement le milieu artistique pendant une quinzaine d'années avant d'y revenir au début des années 2000 en enregistrant, pour un album hommage au grand Van Morrison, une reprise de Brown-eyed girl et en publiant, en 2001, un album de blues intitulé Brand new man.

Freddie Scott est décédé le 4 juin dernier. 

Triste occasion pour redécouvrir certains de ses morceaux.

Bonne écoute !

Hey girl

Am I grooving you ? 

Are you lonely for me ?

Where were you ? 

Shake a hand 

et donc, comme promis, la "relecture" de Just a friend


publié dans : SOUL, FUNK, RHYTHM 'N' BLUES
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