JAZZ BLUES & CO
Playlist n°001 (folk, rock indé, ...)
Playlist n° 002 (soul music)
TOP 2008
(mon classement des disques sortis en 2008)
Je me méfie du NME et de ses innombrables "meilleur groupe du monde de la semaine". The Fields en font partie et deux de leurs singles ont connu une très bonne presse dans le magazine d'Outre-Manche.
Pour une fois, je suis relativement d'accord avec le New Musical Express. Je n'irai bien sûr pas jusqu'à dire que ce groupe, originaire de Londres, est LA révélation de l'année, mais il me faut admettre que leur musique présente quelque chose de très intrigant.
Si l'atmosphère générale est assez sombre faisant immanquablement écho au meilleur de The Cure, Nick Cave, My Bloody Valentine, il ne faut néanmoins pas se satisfaire d'une écoute rapide, superficielle de EVERYTHING LAST WINTER. Autrement, vous manqueriez les influences également très marquées de groupes tels que The Decemberists et, encore plus étonnant, Fairport Convention.
L'aspect menaçant des chansons de The Fields est donc largement modéré, tempéré par cette touche plus folk, plus joyeuse voire parfois quasiment pop, ce qui lui permet d'éviter d'être un album vite catégorisé, vite oublié.
Non, non, EVERYTHING LAST WINTER est effectivement bien plus subtil que cela et plus léger que ne le laissent supposer les a priori en tous genres.
Il est de plus très surprenant de se rendre compte qu'aucun groupe, du moins à ma connaissance, n'avait jusqu'à présent, tenté et surtout aussi bien réussi ce mélange d'atmosphères très sombres / crépusculaires et d'atmosphères "spacieuses", qui prennent le temps de se développer et de vous envelopper. Le morceau Feathers en est l'illustration parfaite.
You brought this on yourself et Charming the flames laissent, par contre, les guitares mener le jeu. Les vagues de distortion ne devraient d'ailleurs pas manquer de réveiller l'esprit du groupe de Kevin Shields, My Bloody Valentine qui, comme nous l'avons mentionné un peu plus tôt, est, à n'en pas douter l'une des influences majeures de The Fields, du moins dans leur utilisation très électrique des guitares.
Fort loin de ces ambiances tourmentées, Schoolbooks nous ramène à une folk-pop moderne de toute beauté. De même, les harmonies vocales homme / femme réalisées par Nick Peil et Thorunn Antonia nous emméne vers un monde plus coloré.
En fait, il ne sert pas à grand chose d'essayer d'appréhender cet album élément par élément. EVERYTHING LAST WINTER forme un tout, une unité et ne "triomphe" pas plus particulièrement lors des passages de guitares saturées que lors des morceaux aux ambiances plus légères.
Il s'impose de fait, sans le moindre effort apparent (à aucun moment, les musiciens ne n'apparaissent comme des tâcherons bourrins et lourdingues essayant de démontrer au monde entier une technicité dénuée de toute humanité) un peu partout en parvenant à offrir un véritable mélange des genres.
Ce disque est une immense bouffée d'air frais, ce qui est paradoxal et un véritable tour de force, en raison de son ambiance pourtant "a priori" étouffante et chargée.
Pas un seul instant, vous n'avez l'impression d'être dans une atmosphère figée.
Là où semble triompher la noirceur, il y a toujours en peu de chaleur. La formidable combinaison de gros murs de guitares et de choeurs très accrocheurs y est d'ailleurs pour beaucoup dans cette réussite et se pose en véritable illustration de cette ambivalence atmosphérique.
En résumé, un album très réussi, d'une maturité étonnante (le groupe s'est formé il y a moins d'un an et demi !), aux ambiances multiples, offrant un aperçu de l'énorme potentiel de The Fields, faisant ainsi d'eux l'un des groupes à suivre et nous permettant d'espérer encore en un véritable avenir pour la musique à tendance rock.
Une des plus belles réussites, pour l'instant, de l'année 2007.
Bonne découverte !
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