JAZZ BLUES & CO
Playlist n°001 (folk, rock indé, ...)
Playlist n° 002 (soul music)
TOP 2008
(mon classement des disques sortis en 2008)

Continuons notre exploration de la musique de la Nouvelle-Orléans en nous attardant sur un album où nous retrouverons quelques morceaux directement inspirés du style dont nous parlions il y a quelques jours, le Dixieland.
BUCKET'S GOT A HOLE IN IT, de Barney Bigard et Art Hodes, paru en 1968, est un véritable chef d'oeuvre par trop méconnu. Avant de parler plus précisèment de ce disque, disons quelques mots sur Monsieur Bigard (à ne pas confondre avec notre comique (sic) troupier national ...).

En effet, Barney Bigard est l'un des clarinettistes jazz les plus remarquables du vingtième siècle. Avant de devenir membre régulier de l'Orchestre de Duke Ellington (sur BUCKET'S ..., il y a d'ailleurs une très belle adaptation du fameux C jam blues) entre 1927 et 1942, il a honoré de sa présence et de son style tour à tour bluesy, sensuel et d'une extraordinaire agilité, des albums de King Oliver et de Jerry Roll Morton. Et pour couronner le tout, entre 1947 et 1956, il fut clarinettiste-chef pour Louis Armstrong. Peu de musiciens de l'époque peuvent se vanter d'avoir eu un CV aussi bien fourni !
Le pianiste Art Hodes s'est plutôt bien débrouillé de son côté également. Ses enregistrements pour le label BLUE NOTE, avec Sydney Bechet et Albert Nicholas sont de véritables classiques.

L'association Bigard / Hodes ne pouvait, ne devait donc pas être décevante. Et ce ne fut effectivement pas le cas.
Leur rencontre produisit donc BUCKET'S GOT A HOLE IN IT en 1968, album intemporel d'adaptations de standards jazz-blues et de morceaux traditionnels.
Les musiciens accompagnant les deux hommes donnent l'impression (même si ce n'est pas le cas) de jouer ensemble depuis des années. Nap Trottier (trompette), Rail Wilson (contrebasse), Barrett Deems (batterie) et George Brunis (trombone) avec leur son tout droit venu de la Nouvelle Orléans conférent ainsi à l'album une cohésion exceptionnelle, rendant l'écoute de cet effeuillage des musiques américaines des années 30-50 particulièrement facile.
Le passage d'un style à l'autre (blues, jazz, musiques de la Nouvelle Orléans, swing, ...) se réalise avec une fluidité déconcertante et, dès la première écoute, on se surprend à penser que l'on tient là un disque qui nous accompagnera toute notre vie. La deuxième écoute (et toutes les suivantes ...) ne feront que confirmer cette impression.
Bonne écoute !
Et pour le plaisir, une immense vidéo enregistrée durant le Nice Jazz Festival de 1977 : Barney Bigard, Zoot Sims, Clark Terry, Bob Wilber, ..., réunis pour une très belle reprise de Perdido, de Duke Ellington.
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