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Présentation

Dimanche 27 mai 7 27 /05 /Mai 11:53

Pendant une bonne année, les écossais de The Blue Nile ont été mes héros. C'était en 1998. Je venais alors de découvrir leur  Peace at Last (1996) suite à un emprunt au hasard (déjà à l'époque, le hasard jouait un grand rôle dans mon éducation musicale ...) à la Bibliothèque Municipale. Je me le passais alors en boucle, bien plus que leurs deux précédents albums, que j'apprécie néanmoins beaucoup en dépit de leur son un peu trop daté années 1980 à mon goût.

 

Le leader du groupe, Paul Buchanan, me faisait penser à un Lyle Lovett sous tranquillisants. Ce n'était pas tant que le texan m'apparaissait comme un excité mais juste que son univers (le refrain gospelisant de Happiness, premier morceau de Peace at last, ainsi que certaines chansons assez dépouillées "piano - clavier / voix" m'évoquait celui d'un Lyle Lovett en pleine dépression.

 

Avec le recul, une quinzaine d'années plus tard, le parallèle a perdu un peu de sa force, mais il y a encore des moments où il me trouble fortement. Aujourd'hui, l'univers buchananien me fait davantage penser à ceux de Mark Hollis, le leader de Talk Talk, et à David Sylvian / Robert Wyatt, la musique de ces musiciens ayant la particularité de suspendre le vol du temps.

 

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Et ce n'est pas Mid Air, le premier album en solo de Buchanan qui va changer la donne (et c'est tant mieux !).

 

Au contraire, il s'inscrit dans la continuité logique de la discographie de The Blue Nile (le groupe n'a plus rien publié depuis 2004. Ils n'ont jamais été très productifs, 4 albums en tout et pour tout depuis 1983, mais là, les carottes semblent définitivement cuites).

Je dirai même plus qu'il enfonce le clou. Et pas qu'un peu. En cela, il s'inscrit dans le même schéma que l'évolution de la musique de Talk Talk qui aboutira au somptueux  Mark Hollis (1998). En plus nu ...


Mid Air est donc à déconseiller fortement, pour des raisons médicales évidentes, à toute personne sujette à la dépression.

 

 

Dépouillé et éthéré tout au long de ses 36 minutes, il offre 14 chansonnettes (dans le sens de "courtes chansons" et non pas de petites compositions guillerettes) à la beauté triste et étourdissante.

Reposant sur un squelette piano + nappes de synthé en arrière-plan (seule l'avant-dernière piste, Fin de siècle, est un peu plus habillée grâce à l'ajout de violons synthétiques), elles évoquent la clarté infinie d'un ciel bleu ou les grands fonds. L'une des pochettes du Rock bottom de Robert Wyatt s'imprime devant moi, systématiquement et inlassablement.

 

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Il est en tout cas impossible de ressortir indemne de son écoute. Tout dépendra de l'état d'esprit.

 

2 issues sont envisageables :

-l'envie pressante d'en finir avec ce monde beau et cruel

-l'envie euphorique d'embrasser à pleins poumons ce monde beau et cruel

 

J'ai choisi l'euphorie.

 

Mid Air est tout simplement le plus beau disque de Paul Buchanan, le plus éthéré (où sont passés les rythmes un peu guillerets d'un Tomorrow morning, par exemple ?), et le plus intemporel. 

 

Mid Air est épure, l'esquisse d'un monde sublime, complexe mais plein de joie(s). La magie de transformer une tristesse apparemment plombante en beauté pure et éclatante n'est pas la moindre de ses réussites. Il va bien plus loin que cela. After dark, son morceau final, m'a complètement enveloppé et m'a transporté dans un ailleurs. Il m'a plongé dans un mutisme complet d'environ 3/4 d'heure (pas de musique, pas de lecture, pas de série TV, pas de bla-bla, rien ...).

 

Mon monde s'est littéralement arrêté.

 

Et quand j'ai fini par me décider à sortir de ce cocon si particulier, je n'ai pu m'empêcher de relancer Mid Air.

 

Le verdict sera donc sans la moindre surprise : 10 / 10

 

 Barna Howard, prends garde à toi !

 

L'expérience Mid Air est à découvrir sur Spotify et Grooveshark.

 

Faîtes attention, plus rien ne sera comme avant.

Par Thierry - Publié dans : ROCK, INDIE, POP - Communauté : Chroniques Musicales
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Commentaires

Belle chronique touchante Thierry, on te sent vivre la musique, on te sent touché par le monsieur, une chronique comme je les aime et qui s'embarasse pas avec des détails biographiques à tout va ou des comparaisons d'autres références passées à la noix (un peu certes :D) ... Du coup j'écouterai attentivement cet album jusqu'à arriver à investir cette fameuse catégorie 2 avec enthousiasme et sourires.

Commentaire n°1 posté par Brimstone le 31/05/2012 à 19h55

Salut Brimstone,

Merci ! Il est vrai que, pour une fois, je me suis vaguement senti inspiré

Ce genre de disque, ça passe ou ça casse. Pour moi, ça a passé et il m'a vraiment beaucoup touché. Très probablement parce que j'ai déjà une histoire d'une quinzaine d'années avec Buchanan.

Je ne suis pas certain que j'aurais su l'écouter si je n'avais pas eu ce "préalable".

Je pense que si ...

Mid Air est une suite logique de la discographie de The Blue Nile tout en étant "à part", tant l'épure y est forte et magnifiée.

En tout cas, si je n'avais pas connu, il est certain que mes chances d'écouter cet album étaient proches du zéro absolu

Là aussi, un seul conseil, ne te force pas. Si ça veut pas, ça veut pas, et je ne voudrais pas être tenu pour responsable de tragédies familiales brimstoniennes !

 

Commentaire n°2 posté par Thierry le 31/05/2012 à 22h51
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