JAZZ, BLUES & Co

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TRIPTYKON : Eparistera Daimones (2010)

Publié par Thierry sur 12 Avril 2010, 22:03pm

Catégories : #BLUES

Samedi matin, au boulot, j'ai fait ma petite promenade mensuelle sur le site de PopMatters histoire d'y trouver quelques idées d'acquisitions et d'écoutes (tant qu'à faire !) alléchantes.

-C'est pas du boulot, ça !, me direz-vous.

-Ben si, la preuve, je suis payé pour, vous rétorquerai-je.

PopMatters, donc.

J'y ai trouvé un article intrigant, celui qui présente Eparistera Daimones, premier album de Triptykon (à ne surtout pas confondre avec l'album de Jan Garbarek), publié le 22 ou 23 mars dernier, nouveau projet du petit Suisse Thomas Gabriel Fischer aka Tom G. Warrior, fondateur des Hellhammer en 1983 mais aussi et surtout leader-guitariste-chanteur dès 1987 des défunts Celtic Frost pourtant revenu aux affaires en 2006 avec le percutant Monotheist (en écoute ICI) après 13 ans d'absence.

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Eparistera Daimones ... A ma gauche les démons ...

 Le graphisme (?) de la pochette, réalisée par HR Giger (créateur de l'univers d'Alien),  ne laisse planer aucun doute. [Merci au Dr Franknfurter pour ces précisions.]

C'est du métal et, comme vous le savez, j'ai une sainte et stupide horreur du métal et de ses dérivés (black, doom, grindcore, queercore, ...). Ce n'est pas tant que je déteste, mais je n'arrive que très rarement à en écouter sérieusement, trouvant le genre fort souvent inutile (impression de voir des groupes sans véritables personnalités faire du copier-coller de bruit et de fureur, sans la moindre once d'âme) et ridiculeusement ringard (le grand méchant qui éructe par-dessus des riffs de lourdes guitares et une batterie qui défonce tout).

La fréquentation de certains blogs (Playlist Society, Brainfeeders & Mindfuckers, Dr Franknfurter entre autres) et l'acquisition récente par mon collègue de disques de ce genre honni m'ont amené, ces dernières semaines, à revoir quelque peu mon positionnement.

Au moment de sa sortie, Monotheist ne m'avait pas déplu. J'avais dû en faire une écoute unique et intégrale, ce qui signifiait pour moi pratiquement une adhésion ... même très lointaine.

PopMatters utilise les termes "claustrophobique, schizophrénique, ..." pour décrire Eparistera Daimones. Avec de tels déguisements, ça vous suprend ? ^^

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Soit, ça devrait plaire aux amateurs. Je mets donc le disque dans un panier de commandes et m'envoie le lien de la chronique par mail. Ma curiosité est piquée.

Mon épouse est partie chez sa soeur avec les petites ce week-end. Je pourrais essayer de choper Eparistera Daimones sur la toile et tenter l'expérience interdite.

Je trouve le disque en ce dimanche après-midi, hésite et décide finalement d'attendre encore quelques heures avant d'en activer l'écoute.

Le soir venu, après avoir regardé le deuxième volet de Millenium, somme toute pas trop mauvais même avec un doublage nous venant tout droit du Québec, je me lance.

Pas de surprise. Eparistera Daimones commence très brutalement avec un Goetia long de 11 minutes 20. Presque K.O. d'entrée de jeu, je parviens néanmoins à passer le cap, plutôt agréablement, et me mets dans l'ambiance avec les morceaux suivants parmi lesquels le ravageur Abyss In My Soul. C'est sombre, direct et efficace.

Surtout, je ne rigole même pas, pour une fois. Ce disque est impressionnant de lourdeur au bon sens du terme. Les guitares sont gargantuesques mais pas si méchantes que redoutées. Je suis comme absorbé. Et c'est là qu'arrive, après Shrine qui fait office de petite respiration, le 5ème morceau, le déchirant et monstrueux A Thousand Lies

J'adore !

Les riffs s'enchaînent, tous plus violents les uns que les autres. Je sombre dans les abysses, consterné et soulagé de me laisser aller à ce point. Myopic Empire avec sa coupure de rythme (passage au piano de 3'10 à 4'18) est effrayant et étonnant, mais je suis toujours là. 

Surgit alors My Pain, véritable graine de douceur chantée (si si ...) par une voix féminine quasi-angélique qui fait écho aux choeurs de Grown In Ashes (tout un programme ! ^^) de Monotheist (rassurez-vous, je ne m'en rappelais pas ! Depuis 2006, quand même ... Je viens juste de ré-écouter l'album. Violent, certes, mais avec quelques semblants de mélodies comme le très bel Obscured, anti-chambre de l'ultra-gothique My Domain of Decay).

Inattendu, ce My Pain est, à l'instar du Shrine évoqué ci-dessus, une pause bienvenue avant The Prolonging, final épique, apocalyptique, fascinant et schizophrénique (je plussoie la description d'Adrien Bengrand de Popmatters) long de 19 minutes.

Je n'en reviens pas. J'ai tenu bon, je suis vidé, j'ai même bien accroché et j'en redemande.

Résumé du disque en trois mots : sombre, démoniaque et jouissif.

A l'heure où j'écris ces quelques lignes, j'en suis à ma troisième écoute et c'est toujours aussi lourd, puissant, laid mais surprenamment bon. Je dirais même que l'ensemble devient à chaque passage plus simple d'accès.

Serai-je en train de passer du côté obscur de la force ...?

(Ne le répétez surtout pas à ma dame.)

Cette plongée en apnée dans l'univers torturé de Triptykon se sera pour le moins révélée une sacrée révolution pour mes oreilles !

Les titres des chansons sont en tout cas toujours aussi chouettes et continuent à me faire sourire.

Les costauds Abyss In My Soul et A Thousand Lies sont disponibles sur MySpace.

Un bonheur n'arrivant jamais seul, l'album est en écoute intégrale sur Deezer (qui le classe en pop, original !), MusicMe (où la catégorisation reflète davantage la réalité) et Spotify. La totale.

Une interview de Thomas Gabriel Fischer :

 

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Thierry 16/04/2010 00:17



"Incroyable ... mais vrai !", aurait dit mon homonyme célèbre :-)



SysTooL 15/04/2010 18:50



Je parcours les pages non vues avec Netvibes et sur quoi je tombe : Tryptikon! Je me dis : "OK, j'ai lu une interview de l'ami Tom G l'autre jour dans le dernier NOISE MAGAZINE", voyons voir qui
en parle... Thierry de Jazz, Blues & Co!! Ah ah incroyable! Tu m'étonneras toujours!

Et en plus la chro est positive... je t'adore!! Euh, pour l'ouverture d'esprit, parce que je ne connais pas l'album, si ça se trouve, ça ne me plaira pas!



SysT



Thierry 15/04/2010 00:13


@So.Music : Peut-être n'y a t'il tout simplement rien à comprendre. Sur ce coup-là, j'ai décidé de ne pas réfléchir et de me laisser aller. Ca a plutôt pas mal fonctionné pour Triptykon. L'album de
Cathedral m'a laissé lui, complètement indifférent. Ce sera donc vraiment du cas par cas ! Merci de ton passage, et à bientôt !


Thierry 15/04/2010 00:11


@ Dr Franknfurter : Merci pour la liste qui s'allonge ^^ Slayer, j'écoutais ça (un peu) quand j'avais la petite vingtaine. Et curieusement ^^, ça m'est passé. Cathedral ... Je confirme qu'une
deuxième écoute m'a complètement laissé de marbre ;-)


somusic 14/04/2010 18:38



Après lecture et écoute, je constate que tu viens de passer un cap que pour ma part je ne parviens toujours pas à élucider (d'après ce que j'ai lu un peu comme toi il y a encore peu de temps).
J'ai beau essayé d'écouter et de comprendre où ses musiciens veulent en venir, non vraiment, je reste dubitatif et médusé par tant de puissance et de force.


Sans doute pas encore assez mur mais je ne désespère pas et compte bien y revenir pour tenter de percer le mystère de cette "sombre" affaire.


Je tiens quand même à te féliciter pour l'audace dont tu as fais preuve en publiant cet article et j'en profite également pour te remercier de ton commentaire chaleureux laisser sur mon blog.


A bientôt pour de nouvelles expèriences sonores.



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