Les Backwords nous viennent de Brooklyn et nous proposent avec By the neck ce
qui semble être leur troisième album.
Loin d'être parfait (il a quelques petites faiblesses comme le morceau-titre d'ouverture avec ses "I love you"'s un peu
trop répétitifs, par exemple), sa pop-rock-folk psyché 70's sans prétention déroule sans peine et sans prétention, grâce à ses guitares et ses harmonies infectieuses. Et c'est peut-être là le
problème.
On se laisse porter et on peut même être surpris d'avoir envie de relancer l'album, parce que c'est beau et bien produit,
mais au bout du compte, on ne retient presque rien. Emballé que j'étais lors de la première écoute, je me suis progressivement retrouvé fort désappointé lors des suivantes ...
En bref, By the neck est un très bel album (un peu dans le style du premier alum de
Counting Crows mais sans la voix d'Adam Duritz) qui mérite votre attention le temps de quelques écoutes si vous aimez le genre, quitte à jouer de la zapette sur
les morceaux un peu irritants (Break my spine, My neck, ...).
Je ne regrette en tout cas pas la découverte de Way around, long morceau de 7 minutes et classique
instantané.
Tout d'abord, désolé d'avoir quitté le navire pendant plus d'un mois sans publier de mot d'excuse.
Non, je n'étais pas en vacances. Si seulement
Ma désertion a coincidé avec l'abandon de mon poste au sein du Classement Des Blogueurs, abandon justifié par des incompréhesions d'ordres fort divers.
Après pas mal d'hésitation, comme je l'annonçais sur les pages du CDB, je me suis décidé à lancer un site
reprenant le même principe de classement évolutif "créé" par les visiteurs.
Ce site, qui répond au doux nom de [MST] La Musique A Son Top, ne se veut pas du tout un concurrent
du CDB ni en termes d'audience (le site débarque de nulle part dans une ambiance de blogs fort tristounette depuis plusieurs mois déjà) ni en termes de rayonnement, ni en je ne
sais quoi d'autre. S'il semble inévitable que des albums se retrouveront des deux côtés, [MST] souhaite apparaître comme l'expérience d'un passionné, un complément, un
"partenaire" du CDB. Je continue et continuerai, pour ma part, à participer au CDB en tant que simple lecteur.
Bref, la préparation du site ne m'a pas laissé beaucoup de temps pour Jazz Blues & Co ces dernières
semaines et ma crasse nullité en HTML, CSS, FTP, ..., ne m'a pas aidé !
[MST] est encore amenée à évoluer mais est d'ores et déjà accessible à cette adresse depuis une bonne semaine. Vous y retouverez deux sélections hebdomadaires
(dont une "spéciale musiques du monde". A priori, la semaine prochaine, le programme sera assez rock.) et plusieurs "albums du jour".
L'album que je m'apprête à vous présenter ci-dessous est d'ailleurs déjà présent sur [MST].
Afin de continuer à faire vivre les deux sites, comme je ne dispose que de 24 heures par jour, JB & Co
et [MST] se nourriront désormais très souvent l'un de l'autre.
Si je les connaissais déjà de nom avant leur collaboration avec The Pastels en 2009 pour le très beau
Two Sunsets, je n’avais jamais pris la peine ni le temps de me pencher sur le cas du
duo japonais Tenniscoats.
C’est désormais chose faite. Si je suis encore loin d’avoir fait le tour de la discographie du groupe, mes voyages sur la
toile m’ont permis de découvrir plusieurs de leurs albums, notamment Temporacha
et Live Wanderus.
Bande-son d’un rêve fantomatique éveillé, leur musique se prête idéalement aux fins de soirée, mais pas que …
2012 restera une très belle et riche année pour le duo grâce à All aboard !, notre album du jour,
et leur Papa’s ear sorti pendant le premier trimestre.
Jamais deux sans trois ?
Verdict : 8,5 / 10
All aboard ! est en écoute intégrale sur Grooveshark.
Grand disque de (folk-)rock crépusculaire, Staring back at you (deuxième album de
Transmontane, projet de Ryan Duncan, co-fondateur et propriétaire du label Sick Room Records Ltd) nous emmène dans un univers fort sombre, proche de
ceux de Smog et Codeine sans manquer d'évoquer parfois Neil Young.
Si vous n'avez pas peur d'affronter une ambiance plombée et paradoxalement porteuse d'espoir (genre "du tunnel jaillit la
lumière"), je ne peux que vous recommander de foncer la tête la première vers ce mur de guitares et cette voix d'outre-tombe.
D'une durée parfaite de 36 minutes, Staring back at you vous offre son lent poison le temps
de 11 chansons hautement addictives.
Verdict : 8,5 / 10
L'album est à découvrir intégralement sur Bandcamp.
Publié en avril dernier et découvert il y a à peine quelques jours par la grâce de sauts spotifiens, ce House
Music, nouvel album des américains de Ex Norwegian est une belle surprise.
Oh, ce n'est pas une surprise du genre de celles qui vous colle, vous scotche ou vous met K.O. debout.
Non, elle est plutôt du genre de celles auxquelles on adhère le temps de quelques écoutes en sachant dès le départ qu'elle
risque de ne pas faire long feu.
Globalement infectieuse et généreuse dans son ensemble, l'indie pop-rock du groupe risque en effet de devenir lassante
après quelques écoutes en raison de quelques titres zappables, car un peu agaçants ou un peu moins percutants. Je pense notamment à Not a mouse et Original copy.
Mais rien que pour des morceaux comme Ginger, Baby, Choice of friend ou Initiative rock, je suis
fort heureux d'avoir croisé la route de ce groupe originaire de Miami dont je vous avouerai sans honte n'avoir jamais entendu parler avant a semaine dernière.
Verdict : 6,5 / 10
L'album est en écoute intégrale, entre autres, sur Soundcloud et Spotify.
Pas grand chose à dire de ce Manzanita, nouvel album des Américains de Assemble Head in
Sunburst Sound.
C'est du rock d'inspiration psyché 70s qui joue sur tout le spectre du genre : du
lourd et graisseux, mais toujours diaboliquement efficace grâce à un groove incroyable (comme sur L.A. Sacrifice, (Gone)'round the corner, ..), jusqu'au subtil et lumineux (Blue wire [j'adore les choeurs], Slithery thing, Sunshine, ...).
J'aurais en tout cas été happé dès les premières notes de ce fort joli trip : d'abord en me demandant si j'allais subir un
simple revival en moins bien de ce qui a déjà été fait des milliers de fois, et puis, au fil des minutes, en me transformant en admirateur béat. Arrivé au superbe Sunshine, la mue était
complétée.
Rien de génial ou de neuf, mais qu'est ce que c'est bon. L'imagerie fonctionne à pleins tubes et me transporte loin, très
loin de mon pluvieux Nord (quoique ... ce matin, le fond de l'air est frais mais le ciel est d'un superbe bleu azur), direction la Californie d'où est originaire le groupe.
Je n'ai pas spécialement envie de jouer au "vieux con" ou au "c'était mieux avant" ... (J'embrayerai d'ailleurs
probablement dès demain avec un disque tout nouveau tout beau.)
N'empêche qu'à l'écoute de ce formidable concert donné par le génial Randy Newman à New York en août 1971,
je ne peux m'empêcher de me demander de combien de chansons de ces dernières années je me rappellerai dans 5, 10, 15 ou 20 ans.
Très peu, probablement.
J'ai vraiment découvert Randy Newman il y a pile 20 ans (je connaissais bien entendu ses "mauvais" tubes
I love L.A. et Short people) et je connais presque par coeur tous ses albums publiés entre 1968 et 1977 (de Randy Newman à Little
Criminals, donc). J'ai ensuite un peu décroché ...
Son Harps and angels, de 2008, n'est pas mal du tout, mais ne supporte que très difficilement la
comparaison avec son âge d'or. Enfin, je veux dire que si j'ai le choix entre 12 Songs et Harps and angels, vous devinez facilement vers lequel
des deux mon coeur balance.
Bref, tout ça pour dire que Randy Williams a éte touché par la grâce pendant près de 10 ans et que je
retrouve rarement une telle intemporalité dans les chansons "populaires" d'aujourd'hui.
Ce The people dressed like monkeys (en écoute intégrale sur Spotify) me le laisse en tout cas fortement penser.
Tout le monde (ou presque) danse, sautille sur Everybody's got it easy but me, le nouvel album
(le septième) de The Intelligence. Active depuis 1999 et révélé à mes oreilles en 2010 grâce à l'excellent Males, la bande à Lars Finberg (également membre de Thee Oh Sees
et Wounded Lion) nous délivre, comme à son habitude un rock-garage-post-punk nerveux à souhait (avec néanmoins un peu d'accalmie le temps d'un Techno Tuesday).
Un peu plus lumineux et mélodico-poppy (non, ce n'est pas une insulte, puisque j'ai souvent pensé au meilleur de
Blur, notamment sur I'm closed) que ses précédents enregistrements, cet Everybody's got it easy but me, devrait permettre au groupe, je le lui
souhaite, de toucher un public plus important et ainsi de prêcher la bonne parole au-delà du cercle restreint des initiés déjà touchés par la béatitude.
Nous sommes en 2012 et le rock ne s'est que rarement aussi bien porté.
Everybody's got it easy est en écoute intégrale sur Spotify et sur YouTube (il suffit de remettre les vidéos dans l'ordre).
Verdict : 8,5 / 10
en concert, en 2010, Pony people (une reprise de Wounded Lion que l'on retrouve également sur
Fake surfers, album de The Intelligence publié en 2009)
John Wesley Coleman III est l'un des musiciens de rock qui m'a le plus marqué ces dernières années. Dire
que j'adore son Steal my mind publié en 2009 relève de l'euphémisme. C'est un
concentré de rock garage du meilleur cru.
Par manque de temps, je n'ai pas encore pu me plonger dans les autres albums du musicien d'Austin. J'ai déjà l'impression
de les connaître grâce à des articles lus ici et là.
Oui, je peux adorer un musicien, un album, sans toujours me forcer à étudier précisément son parcours. Dans le cas de
JWC III, cela ne devrait néanmoins pas tarder. J'ai en effet eu l'occasion de recouper sa route à deux reprises cette année. Et à chaque fois, j'ai été emballé.
La première fois, par l'intermédiaire de son quatrième solo, The last donkey show, dont il sera
question aujourd'hui.
La deuxième fois, grâce à l'ami Brimstone et à l'excellent Raw Power Magazine qui m'ont incité à écouter Dirty
Fingernails, le nouvel album des Golden Boys (disponible à l'écoute sur Bandcamp), groupe auquel participe l'infatigable JWC III.
The last donkey show, donc ...
Le poète des détritus ("the trash poet", c'est ainsi qu'est parfois qualifié John Wesley Coleman III) s'y
fait un peu moins dur et varie les genres de ses compositions. Là où il n'y avait par le passé qu'un rock garage pur jus, on trouve désormais aussi de la pop, du rock 'n' roll, de la country et
du R & B.
Alors, il ramollit, l'ami poète ?
Pas du tout ! Il m'apparait toujours aussi déjanté (Des morceaux comme Don't waste my time, chouette "citation" du
Under my thumb des Rolling Stones, Misery again et She's like Dracula en sont la preuve éclatante) et, il parvient de plus, à rendre ses chansons plus
mémor(is)ables. Je veux dire par là qu'on ne retient plus l'impression d'ensemble de l'album, mais que chaque chanson a ici sa personnalité propre et, selon son humeur du moment, on peut
s'attarder davantage sur l'une ou l'autre. Il n'y a ici aucune trace de compromission et l'on est encore bien loin d'un musicien qui chercherait à tout prix à caser un single potentiel au beau
milieu de son album.
Et c'est tant mieux.
Cette individualisation des chansons permettra de plus peut-être des ré-écoutes de l'album plus nombreuses et éloignées
dans le temps.
Les puristes du garage auront probablement l'impression d'y perdre un peu au change. J'ai, de mon côté, et fort
égoistement, l'impression d'y gagner et ce, même si je ne renie pas du tout l'affection que je peux porter à Steal my mind et Dirty
fingernails, par exemple.
Le titre de l'album de JWC III signifie-t'il qu'il veut cesser de faire l'imbécile avec sa carrière-solo ? Je n'y crois
personnellement pas trop. Si le musicien conserve le même rythme de publication, la réponse ne devrait pas tarder ...
Verdict : 8 / 10
The last donkey show est disponible à l'écoute sur Spotify.
Ceci étant dit, il ne me reste plus qu'à écouter Bad Lady goes to jail (2010) et American trashcan (2008)
The Inner Banks est / était (?) jusqu'à présent un groupe fort intéressant pour au moins deux raisons, la
première et la plus importante à mes yeux étant bien entendu la grande qualité intrinsèque de leurs albums (je relativiserai ce point très rapidement !). La deuxième relève de la difficulté à les
classifier. On pourrait les qualifier de groupe d'indie-folk-rock. Cela ne serait pas faux, simplement un peu incomplet.
Sur Wild, les deux premiers morceaux, Wild et Box of crown sonnent comme une
rencontre au sommet entre Lambchop, REM et Giant Sand pour ne citer que les noms les plus évidents. On enchaine ensuite avec Sketch, un instrumental
malheureusement trop long, trop lourd (trop d'orchestrations) et mou du genou, puis arrive Found holiday, un morceau gauchement expérimental teinté de quelques touches électro et relevé
des vocaux éthérés de Madame Inner Banks, Caroline Schutz (anciennement des Folksongs for the afterlife) avant de repartir sur un nouvel
instrumental, Freaky, bien plus inspiré et à la chouette ambiance cinématographique mais qui manque un peu d'allant.
Je m'arrêterai là pour la description titre par titre.
Vous l'aurez compris, nous avons ici affaire à un album très riche, parfois trop, et c'est bien là que le bât
blesse.
Si les compositions sont, dans leur grande majorité, très bien réalisées, elles ont la plupart du temps, au contraire des
deux premiers albums du groupe (fort orchestrés eux aussi, la chantilly en moins) toujours un petit truc en trop, que ce soit des vocaux éthérés maniérés, des touches d'électro maladroites,
...
Cette sensation de too much se concentre essentiellement sur les pistes instrumentales (trop nombreuses) que j'ai (trop)
souvent envie de zapper.
Tout cela est fort regrettable car, dès lors que l'accompagnement ne se fait pas trop indigeste, la sauce prend
excellemment et le groupe tutoie alors les sommets comme sur Wild, Box of crown, Unemployment ou encore le long et très bien construit Rockets, par exemple.
La note sera, pour une fois, peut être un peu "sévère", mais elle reflète vraiment mes déception et frustration face à un
album qui aurait pu, qui aurait dû être un très grand disque si ses concepteurs n'avaient pas été aussi gourmands en habillage.
Trop d'ambiances tue l'ambiance. Et si j'allais plutôt réécouter Songs from Disko Bay
?
Je n'échangerai néanmoins pour rien au monde ce Wild contre An awesome
wave de ALt-J aux boursouflures bien plus prononcées (Breezeblocks, Dissolve me, Taro), aux compositions très faibles et qui tombent souvent à plat
(Dissolve me, Something good, Matilda), aux ambiances (entre autres vocales) très laides (Dissolve me, Breezeblocks, Fitzpleasure), le tout étant de plus très aseptisé (Ms,
Taro), quasi chirurgical (Dissolve me), ce qui ne l'empêche pourtant pas d'enflammer une bonne partie de la sphère musicale.
Hop Blog et
La Musique à Papa s'emballent tandis que Kronik Alt' et Ears of Panda apprécient plus modérément. Pour ma part, je tombe
probablement dans le piège de la contradiction bornée pure et simple. Je n'y suis pour rien, ma répulsion est véritablement physique : je frémis à nouveau d'horreur rien qu'à vous livrer mon
ressenti.
En résumé, je me passerai très facilement de ces deux albums, l'un étant une de mes plus grosses déceptions (mes attentes
étaient sans doute trop élevées après les deux premiers albums fort sympathiques de The Inner Banks), l'autre étant l'un des trucs les plus surcôtés que j'ai pu rencontrer depuis
mes premiers pas sur la toile musicale.
Voilà, c'est dit.
Je ne suis vraiment pas à l'aise avec ces articles négatifs. Vous comprendrez pourquoi je n'en écris pas souvent.
Verdicts :
--> The Inner Banks(Wild sort demain, mais traîne dans les limbes d'Internet depuis déjà un bon mois): 5 / 10
--> Alt-J (Spotify) : 2 /
10 (heureusement qu'il y a Hand-made [vraiment parce que je suis sympa] ainsi que les Interludes II et III pour éviter le naufrage complet )
Pour commencer le week-end, voici un album qui devrait donner la frite à tous les amoureux de "bonne variété" pop-rock
bluesy et soul, typée années 1970s.
Slowpoke de The Boonx, le groupe du chanteur belge Xavier
Boone, est ainsi un album délicieusement régressif plein de chouettes petites chansons. Vocalement, j'ai par moments eu l'impression d'entendre un croisement entre Eric
Clapton et Randy Newman.
Je n'aime pas le rock FM. Je n'ai que peu d'affinités avec la musique venant de l'autre côté de la frontière.
Je suis donc le premier surpris à trouver ce Slowpoke des plus agréables, si ce n'est un Hey
Jojo final pas désastreux mais, à mon sens, bien en deça de la qualité d'ensemble.
Je vous invite en tout cas bien volontiers à aller passer 35 minutes en sa compagnie, sur Spotify.
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