Âmes sensibles, passez votre chemin !
Je vais faire un coming-out musical dans moins de deux secondes. Oui, j'ai toujours aimé la musique de John Mellencamp, pas toujours très fine, je suis le premier à l'admettre,
mais dont la sincérité et le côté direct fonctionnent à 100 % sur moi.
C'est grave, Docteur ?
Je suis tombé dans le piège mellencampien à 14 ans, en 1987.
A l'époque, chez mes parents, je regardais encore la télé et, pendant quelques semaines, cette année-là, M6 la petite chaîne musicale (sic ...) qui montait, diffusait régulièrement une publicité pour des concerts donnés par un certain John Mellencamp pour accompagner la sortie d'un album intitulé The Lonesome Jubilee. La chanson qui passait derrière, c'était Paper on Fire. Quelques notes et la voix, qui était complètement différente de ce que j'écoutais alors (Top 50, NRJ & Co) ont suffi à me rendre accro.
Aucune cure de désyntox ne s'est révélée à ce jour efficace. Le charme rugueux du chanteur, guitariste, acteur, compositeur, réalisateur et artiste-peintre américain né le 7 octobre 1951 à Seymour, Indiana, USA opère toujours aujourd'hui.
Inutile de vous dire, donc, que l'adorateur du folky-rockeur John Mellencamp que je suis ne peut qu'être heureux de la publication de ce coffret 4 CD et de ses 54 chansons qui sont, pour la plupart des vignettes de bonheur purement terrestre. Pas de vrais inédits au programme, mais bien entendu les plus grandes chansons de l'artiste et des tas de petites surprises (démos et nouvelles versions).
7609 ?
1976-2009, soit 33 ans d'une carrière exemplaire et sans compromission (Wiki).
Et même 34 ans, puisque son prochain (très bon) album, No Better Than This sort le 17 août aux Etats-Unis et le 30 en France (?). Tout à fait entre nous, il est déjà disponible chez tous les vendeurs de beurre chers à Pascal N.
On aime ou on n'aime pas le Little Bastard, le Cougar, le Cougar Mellencamp ou le Mellencamp, mais il est très dur de contester le fait qu'il est l'un des derniers artistes "grand public" (il a tout de même eu quelques chansons n° 1 [ou alors très bien classées] (Jack & Diane, Hurts so good, R.O.C.K. in the U.S.A. (A Salute to '60s Rock), Pink Houses, Authority Song, Paper in Fire) aux US of A dans les années 80) à avoir refusé de céder complètement aux sirènes du show-business.
S'il jouit d'une excellente réputation auprès des "initiés", il n'a jamais véritablement percé en dehors du territoire nord-américain (et même là-bas, ça doit faire une petite quinzaine d'années que ses chiffres de ventes sont sur le déclin).
Et s'il n'a jamais publié d'album ultime ou "référence" (du moins pour les autres, parce que personnellement,
qu'est-ce que j'ai pu les écouter les Uh-Huh (1983), Scarecrow (1985), American Fool (1982 - un de ses albums que j'aime le moins, efficace sur quelques chansons, dont bien évidemment Jack & Diane et
Hurts So Good, mais qui a du mal à tenir la distance), The Lonesome Jubilee (1987), Big
Daddy (1989), Whenever We
Wanted (1991), Human
Wheels (1993), Dance Naked (1995), Mr Happy Go Lucky (1996), Freedom Road (2007),
Life Death Love & Freedom
(2008) que j'évoquais déjà ICI
!) sur la longueur, je ne me lasse pas de ses compositions. A échelle humaine, elles n'ont jamais cherché à transcender. Il raconte ses histoires, le John, il parle de ses coups de gueule politiques, aussi, il s'investit même très souvent (il est par
exemple à l'origine du premier Farm Aid avec Neil Young & Willie Nelson, au milieu des années 1980).
OK, il n'a pas la stature d'un Bruce Springsteen, par exemple. Et c'est peut-être tant mieux. Bruce, depuis The Ghost of Tom Joad, à l'exception de We Shall Overcome: The Seeger Sessions, il m'ennuie profondément ..., tandis que John Mellencamp, en dehors de quelques compositions avec trop de "lalalalalala", a toujours su excellement mener sa barque, sans putasserie, offrant sans relâche des chansons-tranches de vies humaines et rurales, douces ou musclées, s'aventurant même parfois dans des albums plus "urbains", quitte à déstabiliser quelque peu son public fidèle (Human Wheels ou Mr Happy Go Lucky [qui comporte même quelques enregistrements avec des "boucles"], par exemple).
Vous l'aurez compris, j'adore le Mellencamp, personnage un peu à part, croisement réussi entre un Springsteen mal dégrossi, plus rugueux, et un Steve Earle qui n'a pas fait de séjour en prison. Même qu'en vieillissant, sa voix prend parfois de plus en plus une texture dylanienne, comme sur le joyau Easter Eve du très prochain No Better Than This.
Et en plus, ses chansons ont sur moi un effet madeleine.
Ah, mes jeunes années "folk-rock" : Neil Young, John Mellencamp, les premiers albums de Bob Seger, Vic Chesnutt & Tom Petty.
Même pas honte !
Allez, quelques vidéos pour la route !
Et à tout Seigneur, tout honneur ...
Paper in fire :
Get a leg up :
Jack & Diane :
Wild night (avec Me'Shell Ndegeocello, reprise de Van Morrison) :
Authority Song :
Rain on the scarecrow :











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