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JAZZ, BLUES, RHYTHM 'N' BLUES

Mardi 20 février 2007

Et pour commencer, un véritable coup de coeur "retrouvé" pour Cedar Walton que j'avais quelque peu occulté ces dernières années.

Pianiste de l'ombre du hard bop depuis plus de cinq décennies, Cedar Walton (né à Dallas, Texas en 1934) a construit, au fil des années, entre New-York et Los Angeles, une discographie remarquable tant en qualité de leader qu'en humble accompagnateur.  

Il a également écrit de nombreux morceaux qui ont depuis longtemps acquis le statut de standards et a eu l'immense privilège de participer à certaines des plus grandes aventures de l'histoire du jazz moderne. Son importance au sein des Jazz Messengers d'Art Blakey est sans aucun doute l'un des exemples les plus marquants. Son jeu, subtile équilibre entre délicatesse et énergie, que ce soit accompagné de Freddie Hubbard et Wayne Shorter ou en tant que leader du somptueux groupe Eastern Rebellion (avec Billy Higgins à la batterie, Sam Jones à la contrebasse et George Coleman au sax ténor) a influencé des générations entières de musiciens.

Discret de nature, Cedar Walton sait néanmoins se montrer extraverti, comme nous le montre son superbe album solo "Live at Maybeck" (Concord Jazz, 1992).  

Allez, assez de grands mots !

Passons à l'écoute de "Breakthrough !", titre éponyme de l'album sorti chez Savoy Jazz, en 1972) 

Clic clic clic...Cedar-Walton-Breakthrough 

 

et en images ... 

CEDAR WALTON QUARTET 

[George Coleman, Sam Jones & Billy Higgins] :

Naima, parts 1 & 2 (John Coltrane) lors du Umbria Jazz Festival de 1976  

 
 
DISCOGRAPHIE DETAILLEE sur le site :
Par ami freddy
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Jeudi 22 février 2007

Album "bootleg", At a dance, in a studio  est néanmoins d'une grande importance historique.

En effet, il nous présente quelques uns des premiers solos du saxophoniste ténor, John Coltrane, un an avant que ce dernier n'aille jouer avec Miles Davis. Parmi les autres musiciens, notons également la présence du trompettiste Harold "Shorty" Baker et du tromboniste Lawrence Brown.

De plus, si l'album nous propose essentiellement l'enregistrement d'une "session radio" réalisée en 1954, il nous offre aussi quelques titres datant de mars 1957 auxquels participa l'Orchestre d'Ellington au grand complet.

Bref,  At a dance, in a studio  est l'un des albums essentiels de Johnny Hodges, à ranger très près de ses Everybody knows (1964) et In a mellow tone (1966).

Pour le plaisir :

Sideways

In A Mellotone

Dont Blame Me

Take-The-A-Train

Par Thierry
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Mardi 27 février 2007

 

Si l'oeuvre de Duke Ellington vous est familière, vous connaissez déjà en partie, peut-être sans le savoir, l'oeuvre de Billy Strayhorn.
En effet, engagé en 1939 par Ellington, Billy, pianiste et compositeur admirateur de The Duke, devint très vite son collaborateur indispensable, auteur de l'indicatif de l'orchestre, Take The 'A' Train, et de centaines d'oeuvres et d'arrangements qui épousaient parfaitement les couleurs et saveurs du monde musical ellingtonien.
Un documentaire TV, "Lush life", retraçant la vie du musicien, vient d'être diffusé sur la chaîne PBS, aux Etats-Unis. En attendant son arrivée en nos contrées, vous pouvez déjà vous régaler de sa Bande Originale qui présente des interprétations de toute première classe de la part de Dianne Reeves, Bill Charlap, Joe Lovano, Russell Malone, Hank Jones, ...

Bill Charlap-Fantastic Rhythm

Dianne Reeves and Russell Malone-Lush Life

Et THE DUKE en personne, accompagné de son orchestre :

Take the 'A' train

Un court extrait (2 minutes) du documentaire "Lush Life" :

Par Thierry
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Jeudi 1 mars 2007

Après les explosions soniques dans le ciel d'hier, retour au jazz, ce jeudi, avec un album complètement à part dans la discographie de Max Roach. 

En effet, "We insist ! Freedom Now Suite" est un disque historique qui trouve ses racines dans un vent de révolution, celui de l'émancipation du peuple noir américain. Paru en 1960, cet album renferme déjà tous les espoirs, toutes les attentes, et tous les appels à la révolte légitime qui secouera les États-Unis tout au long de la décennie alors à peine entamée.

Même si la dimension "historique" ne vous attire pas particulièrement, comment rester insensible à un album regroupant, entre autres, les musiciens suivants ?

Max Roach (batterie), Walter Benton (saxophone ténor), Coleman Hawkins (saxophone ténor), James Schenck (contrebasse), Ray Mantilla (percussions), Abbey Lincoln (chant), ...

Plus de 45 ans après sa sortie, ce disque reste indispensable et incontournable.

Accordez-lui un peu de votre temps. Vos oreilles vous remercieront !

Pour vous mettre l'eau à la bouche, voici la deuxième piste de cet album hors du commun.

Freedom Day

Et pour le plaisir, une petite vidéo (sans rapport avec l'album). Mais c'est vraiment uniquement parce que vous en redemandez !

Love for sale

Par Thierry
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Vendredi 2 mars 2007

Cet album constitué d'une "suite" de neuf morceaux est probablement l'un des plus importants enregistrements d'Ellington pendant les années 60. La pièce la plus connue du disque, la ballade "Isfahan" (qui met en avant l'exceptionnel talent de Johnny Hodges) vous hantera pendant longtemps, mais plusieurs autres morceaux, dont  "Bluebird of Delhi," "Mount Harissa" et "Ad Lib on Nippon" devraient également vous marquer durablement. 

Merci aux deux compositeurs : Ellington / Strayhorn.

Félicitations à tous les musiciens, et particulièrement aux trois compères : Jimmy Hamilton (clarinette), Paul Gonsalves (saxophone ténor) et Johnny Hodges (saxophone alto).

BREF, UN ALBUM ... IMMENSE ET ESSENTIEL qui, au fil des écoutes, ne perd aucunement de sa magie. Bien au contraire.

Bonne découverte !

Bluebird of Delhi

Isfahan
Par Thierry
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Mardi 6 mars 2007

 

Le nom du trompettiste Jon Faddis n'est probablement pas le plus connu de la jazzosphère. Et pourtant, vous avez de fortes chances de l'avoir déjà rencontré par l'intermédiaire du film "Bird" de Clint Eastwood, du générique du Cosby Show, ou même du YMCA des Village People (c'est lui qui joue les notes aigües du thème principal) !

Né en 1953 à Oakland, le petit Jon se met à la trompette dès l'âge de 8 ans. A 18 ans, il a la chance de participer à une audition avec Lionel Hampton qui, époustouflé, par son talent, décide de l'embaucher immédiatement.

Jon Faddis réalise donc son rêve, jouer de la trompette et rencontrer ses "maîtres" : Dizzy Gillespie, Duke Ellington, Count Basie, Charles Mingus, Thad Jones, Mel Lewis, ...

Cette période de formation dorée durera jusqu'en 1975.

Ensuite, par attrait pour l'argent facile, jusqu'en 1985, il acceptera de jouer pour d'autres musiciens tels que Frank Sinatra, les Rolling Stones, Billy Joel, Paul Simon, Ashford & Simpson, Quincy Jones, James Brown, Aretha Franklin, Luther Vandross, Kool & The Gang, Tina Turner,  ...

Pendant cette période, il jouera également sur quelques-uns des meilleurs albums de jazz-funk, dont Black widow (Lalo Schifrin), 2 (Deodato), Ruby Ruby (Gato Barbieri), Tear to a smile (Roy Ayers), ...

Jon Faddis décide de revenir au jazz pur au milieu des années 80 en montant son propre Big Band. En 1991, il prend la tête du Carnegie Hall Jazz Band et, depuis, une quinzaine d'années, il tourne régulièrement avec Jimmy Heath, Slide Hampton, Clark Terry, Roy Hargrove, ...

Dans la discographie personnelle de Jon Faddis, je vous recommande particulièrement Teranga (2006) et Legacy [enregistré en compagnie, entre autres, de l'immense Ray Brown] (1985), dont voici deux extraits.

West End blues

Things to come

Et pour le plaisir de voir autant de beau monde réuni ...

Honeysuckle Rose lors du "Trumpet Summit 2004

(Jon Faddis, Roy Hargrove, Randy Brecker, Lew Soloff, Terence Blanchard et Terell Stafford)

Par Thierry
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Dimanche 11 mars 2007

Billy Harper est un musicien discret, trop discret, beaucoup trop discret. Pourtant, ce saxophoniste ténor fait, sans aucun doute possible, partie des figures les plus intègres du jazz, et l'une des plus respectées !

Formé à l’école des Jazz Messengers de Monsieur Art Blakey, à la fin des années 60, puis intervenant régulier "chez" Max Roach, Lee Morgan, Randy Weston, il a décidé en 1979 de lutter contre sa "timidité maladive" afin de cesser toute activité d'accompagnateur pour se consacrer tout entier à la musique qu’il souhaitait faire partager, quitte à n’avoir qu’une audience réduite mais fidèle. 

Black Saint

La musique de Billy Harper, fortement empreinte de mysticisme et de reprises inlassables de thémes  (on touche très souvent à la "transe"), fait par son intensité, immanquablement penser à celles de John Coltrane et Albert Ayler, essentiellement, mais aussi à celles de Pharaoh Sanders, Miles Davis et Freddie Hubbard. 

Les références pourraient être pires !

Somalia

De l'excellente discographie de Billy Harper, je retiens notamment les magnifiques CAPRA BLACK (1973), BLACK SAINT (1975) AWAKENING (1979), SOMALIA (1993) et SOUL OF AN ANGEL (2000).

BONNE ECOUTE !

Thy will be done (C'est parti pour plus de 20 minutes !)

Light within

Par Thierry
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Mercredi 14 mars 2007

Charles Mingus : BLUES & ROOTS, ou ... Charles Mingus va à l'église !

Sans aucun doute l'un de mes quatre ou cinq albums préférés (avec THE BLACK SAINT AND THE SINNER LADY, THE GREAT CONCERT, TIJUANA MOODS, LET MY CHILDREN HEAR MUSIC, MINGUS MINGUS MINGUS MINGUS, ... ça en fait déjà 6 ! Je m'arrêterai donc là.) de l'immense contrebassiste.

Un album plein de blues et de "spirituals", traités à la Mingus. Cet album présente quelques-unes des performances les plus mémorables de Mingus. Il suffit d'écouter Wednesday night prayer meeting et E’s flat Ah’s flat too (mis en écoute en fin d'article) pour s'en rendre compte.

Notons ici également la présence de musiciens tous plus exceptionnels les uns que les autres, et tout particulièrement la section saxophones de rêve, composée de Jackie McLean, John Handy, Booker Ervin, et Pepper Adams.

Bonne écoute !

Wednesday night prayer meeting

E's flat Ah's flat too

Par Thierry
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Vendredi 16 mars 2007

Cet album de 1954 est l'un de mes disques de chevet.

Et ce, pour des tas de raison ... Pour le timbre unique de la voix de Sarah Vaughan, bien sûr (probablement l'une des plus belles voix jamais enregistrées !). Mais aussi parce qu'elle entretient ici un dialogue "d'égal à égal" avec le saxophone de Paul Quinichette,le piano de Jimmy Jones, la flûte de Herbie Mann, et la mythique trompette de Clifford Brown dont on imagine aisément la carrière qu'il aurait pu faire s'il n'était mort, à l'âge de 26 ans, dans un accident de la route.

De plus, toutes les chansons, sur cet album, sont des "tours de force". Je dirais, vulgairement, qu'il n'y a ici rien à jeter.

Et rien que pour deux chansons, les superbes "Embraceable you" et "April in Paris", si le monde était bien fait, cet album se devrait de figurer dans tous les foyers de la planète et de l'au-delà.

Ne soyez pas surpris si, à l'écoute de ce disque, des larmes de joie viennent vous serrer à la gorge, il n'y aurait rien de plus normal !

Bonne écoute !

April in Paris

Embraceable you  

Et, pour le plaisir, voici la vidéo d'une autre chanson interprétée par Sarah Vaughan, quelques années plus tôt, en 1951.

The Nearness of You

Par Thierry
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Mardi 20 mars 2007

Avant de mourir  jeune, beaucoup trop jeune, en 1942, le contrebassiste Jimmy Blanton triompha pendant deux ans dans l'Orchestre de Duke Ellington, révolutionnant au passage l'art de son instrument en popularisant le "double bass solo".

La contrebasse ne serait plus jamais la même et, quelques années plus tard, un autre musicien, Ray Brown, allait reprendre le flambeau de Jimmy et devenir le plus grand contrebassiste de notre époque.

L'album présenté aujourd'hui, THIS ONE'S FOR BLANTON, se veut donc un très bel hommage et propose certainement quelques-unes des plus belles minutes de musique jamais enregistrées.

 Jimmy Blanton

Imaginez, ou plutôt, écoutez (comme d'habitude en fin d'article), le Duke jouer chaque note comme si elle était la plus précieuse des oeuvres d'art, le tout dans son style élégant et retenu, afin de mettre en avant la performance flamboyante de son partenaire, Ray Brown.

Cet album est sans doute l'une des clés quant à l'immense respect dont bénéficie Ray Brown dans le Panthéon du jazz.

Bonne écoute !

Do nothin till you hearfrom-me

Sophisticated Lady

Fragmented suite for piano and bass - 3rd movement

Par Thierry
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