GravelRoad est un trio de blues-rock originaire de Seattle. Forts de plusieurs tournées en compagnie du
génial T-Model Ford (dont ils reprennent fort joliment le Nobody gets me down), ils nous reviennent cette année avec un troisième album intitulé
Psychedelta.
Son titre est assez clair. Au programme, nous avons droit à un blues-(très)rock(ailleux) plein d'ambiances du Delta du
Mississippi et bien psyché comme il faut.
A l'écoute, on pense souvent à Jon Spencer, RL Burnside, Junior
Kimbrough (ils adaptent d'ailleurs ici son Leave her alone), .... Vous mélangez le tout, vous rajoutez un peu de graisse et le tour est joué
Je n'ai pas écouté tant de blues que cela en ce premier trimestre mais j'ai été diablement gâté : Mud Morganfield, Turchi, Little Freddie King, Otis Taylor dans une moindre mesure, et maintenant
GravelRoad pour un album authentique et généreux qui résonne comme une véritable claque trop rare.
Et pour prolonger le plaisir, voici l'une des vidéos trouvées sur la toile présentant un extrait d'une session quasi
acoustique enregistrée par T-Model Ford et GravelRoad pour KEXP Radio (90.3 Seattle). La chanson débute vers 1 minute 20.
J'attendais la publication de cet album avec impatience depuis près d'un mois et demi. Attente très longue à l'époque
d'Internet qui nous a appris, depuis quelques années, à obtenir facilement l'objet culturel et, les 3/4 du temps, à le jeter, une fois consommé.
L'attente, pour ce Son of the seventh son, se révélait pourtant fort différente parce que
...
Oui, pourquoi, d'abord ?
Et bien, parce que ce (Larry) "Mud" Morganfield n'est autre que le fils aîné (il est né en 1954) de
Muddy Waters. Je savais donc au plus profond de moi-même que cet album ne me laisserait pas indifférent, quelle que soit l'extrêmité retenue. J'étais également certain que si je
l'aimais, je tiendrais là un disque de vie, pas une passade de 15 jours. On parle de blues ici, pas d'indie-pop ou d'électro !
Les jours passant, l'envie d'écoute montait en puissance. D'autant plus que si Son of the seventh
son est la première sortie (inter)nationale du musicien, il avait déjà publié en local quelques galettes (dont le très bon Fall waters fall en
2008), tous très bien reçus par la critique. Aussi, depuis un bon mois, au travail, je me suis offert plusieurs longues sessions de Muddy Waters, Big Bill Morganfield (autre fils
de MW) et John Lee Hooker.
Son of the seventh son m'est arrivé entre les oreilles ce week-end. Ma "patience" fut largement récompensée.
Au générique de ce classique instantané, on retrouve de grands noms tels que l'harmoniciste Bob Corritore
et le pianiste Barrelhouse Chuck. Au programme : 12 excellentes chansons de blues de Chicago, plus vraies que nature, dont la plupart sont des compositions originales (5 étant
signées par Mud Morganfield en personne). Vocalement, l'album est assez troublant, parce que l'on a souvent l'impression d'entendre un John Lee Hooker pré-bourbon .
Sans surprise aucune mais diablement efficace et jouissif, Son of the seventh son vient en tout
cas logiquement complèter mon trio d'albums de blues de ce premier trimestre 2012, aux côtés de Turchi et de Little Freddie King.
Il vient également me rappeler, même si j'en écoute beaucoup moins qu'il y a 10 ou 15 ans, pourquoi j'aime et aimerai
toujours autant le blues.
Verdict : 9 / 10
Son of the seventh son est en écoute intégrale sur Grooveshark.
Travail en studio sur le morceau qui deviendra Loco motor pour l'album
Bandcamp est une formidable banque de données
musicales et devrait terminer de tordre le cou à l'adage populaire selon lequel une musique n'est bonne que si elle diffusée sur RTL ou TF1. .Tout le monde peut laisser sa trace sur
Bandcamp : du musicien du dimanche à la vedette confirmée. En termes de qualité, on y trouve de tout. En écoute gratuite et en illimité ... Le téléchargement peut, lui aussi,
être parfois gratuit.
Quand j'ai lancé un nouveau surf Bandcamp il y a quelques jours, je ne m'attendais pas à trouver un album de blues aussi
intéressant que celui de Turchi.
Road ends in water est donc le premier album de Turchi, groupe originaire de
Chapel Hill en Caroline du Nord.
Il balaie, avec respect, efficacité et finesse (vous aurez compris que Joe Bonamassa n'est pas de la
partie ) l'âge d'or du blues-rock-boogie, en nous faisant plonger tête la première dans les années 1960 /1975.
Addictif dès la première chanson (l'entêtant Keep on drinking), Road ends in water
enchaîne les morceaux épatants sans la moindre baisse de rythme.
Résolument rétro, il nous permet de croiser les esprits de RL Burnside, Junior Kimbrough, Kenny Brown, Mick
Jagger / Rolling Stones (sur Dr Recommended (Satisfaction Guaranteed), et même ... Bob Dylan (sur Do for you).
Il est également à noter que le grand Luther Dickinson participe à trois morceaux (parmi lesquels Dr.
Recommended) et que le groupe reprend Muddy Waters (I Can't Be Satisfied).
Road ends in water est un excellent disque de blues, celui du premier trimestre, en tout cas et
vous le trouverez en écoute intégrale sur ... Bandcamp.
Plus jeune, j'aimais beaucoup la musique d'Eric Bibb, synthèse très réussie des musiques nord-américaines
: folk, blues, country, soul. Il faisait, lui aussi, partie de la fameuse bande des "vieux copains" dont je recevais chaque nouvelle production avec ravissement. Et puis, un jour, je m'en suis
détaché, probablement à cause d'un album un peu moins intéressant.
Il y a quelques semaines, à la vue de la très belle pochette de Deeper in the well, son nouvel
album, j'ai décidé de le réintégrer dans le cercle des intimes.
Bien m'en a pris, j'ai en effet retrouvé tout ce que j'aimais en lui : la synthèse musicale évoquée ci-dessus, le côté très
nonchalant de l'ensemble pourtant toujours en mouvement (on ne s'ennuie pas une seconde à l'écoute de Deeper in the well) mais aussi et surtout, les vertus apaisantes
d'une musique charmeuse, généreuse et souriante, très dans l'esprit de la Nouvelle-Orléans. .
Et rien que pour ça, merci Eric !
A noter la présence d'une belle reprise du classique de Bob Dylan, The times they are
a-changin'.
Verdict : 8 / 10
Deeper in the well est en écoute intégrale sur Grooveshark.
Deux très chouettes album de blues sur ces pages ... ce n'était plus arrivé depuis ... bien trop longtemps.
Avec The shovel [vs] the howling bones de Lincoln Durham, musicien américain
originaire d'Austin, nous sommes clairement dans un blues-roots blanc-bec du meilleur effet.
11 compositions originales avec guitares, harmonica, violon, piano, batteries et une voix légèrement erraillée, juste comme
il faut.
On pense souvent aux ambiances chères à Son House. L'influence, bien plus contemporaine, de Jack
White ne semble pas très loin non plus.
Cet album nous présente donc un blues poisseux fort efficace et au charme rythmique ultra vicieux. Ne soyez pas
surpris si vos pieds se mettent à battre la mesure sans prévenir .
Verdict : 8,5 / 10
L'album est en écoute intégrale grâce au requin groovy.
"Toute personne aimant le blues finira par rencontrer un jour le chemin de Chester Chandler, aka
Memphis Gold." (vérité absolue).
Pour ma part, la rencontre a eu lieu au milieu des années 2000, par l'intermédiaire de The Prodigal
Son (2004 - Spotify).
Depuis, il ne s'est pas passé un an sans que je n'écoute le guitariste américain. Cette fréquence d'écoute peut vous
sembler dérisoire mais, en fait, pour les gros consommateurs de musique, elle est très significative (je peux ainsi rester plusieurs années sans écouter des noms bien plus porteurs, comme
The Who ou Led Zeppelin, par exemple) d'un attachement certain.
Pas assez connu du grand public mais révéré par ses pairs, le musicien originaire du Tennessee et désormais basé
en Virginie, nous revient cette année avec un très bel album intitulé Pickin' in High Cotton qui continue à tracer le sillon du blues du Mississippi et de ...
Memphis.
Un album en or !
Comment ne pas fondre pour l'enchainement Back po'ch Tennessee / Homeless blues et le très hookerien Ice
Cream Man ?
Je ne pensais pas publier cet article aussi rapidement, mais suite à la proposition d'écoute, dans le Classement des Blogueurs, d'un extrait du nouvel album
de Joe Bonamassa que je considère comme l'une des plus grandes offenses faites au blues depuis fort longtemps, j'ai été pris par l'irrémédiable envie de ré-écouter
The Lost Cause Minstrels de Grayson Capps, découvert il y a un peu moins d'une semaine.
Je l'attendais depuis près de trois ans, celui-là
S'il ne fait pas toujours preuve de la plus grande originalité, le chanteur-guitariste originaire de
l'Alabama confirme tout le bien que je pensais de lui depuis son album précédent, Rott 'n' Roll, publié en 2008 (Spotify).
The Lost Cause Minstrels, qui est aussi le nom de son nouveau backing-band, est un
solide album de chansons purement américaines, très roots, sans concession. Chaque note respire le Sud des Etats-Unis, ainsi que ses traditions musicales.
L'album balaie ainsi, avec une sincérité de tous les instants, tout le spectre du genre. On passe allégrement du
country-blues au rock sudiste, en passant par une ballade gospel-bluesy, du jazz de la vieille école, du R & B, du blues du delta, etc etc ...
Dans l'esprit, on peut penser à trois autres grands sorciers assimilateurs tels que Dr John (ah ...
si Ol' Slac ne vous envoie pas directement à la Nouvelle-Orléans, je n'écoute plus Mac Rebennack jusqu'à la fin de l'année, promis !), Tony Joe White
et Taj Mahal (dont il reprend d'ailleurs magnifiquement Annie's lover), mais dans la forme comme dans le fond, Grayson Capps reste
unique.
Vive le blues, et longue vie à Grayson Capps et ses Lost Cause Minstrels !
En illustration, voici une vidéo de plus d'une heure, reprenant le concert donné le 14 juin dernier pour la sortie de
l'album.
Brandon O. Bailey, très jeune musicien âgé de 19 ans à peine originaire de St Louis et désormais basé à
Memphis, est un véritable prodige de l'harmonica.
Sur son premier album, Memphis Grooves, le blues est à l'honneur. Un blues qui groove, teinté de
soul et de pop. Un blues qu'il joue tout seul, sans filet, comme un grand : harmonica, jeu de pieds, boîte à rythme vocale (human beat-box), ...
Au programme : des adaptations de standards (Billie Jean de Michael Jackson,
Superstition de Stevie Wonder, Grandma's hand de Bill Withers, Bye bye bird + Nine below zero de Sonny Boy
Williamson, Hit the road Jack de Ray Charles, ...) recrées et enregistrées en studio quasiment en temps réel.
Si l'album n'est pas parfait "émotionnellement parlant" (il lui manque un chouïa de je-ne-sais-quoi), il n'en demeure
pas moins épatant et même bluffant de maturité par moments.
Bref, Memphis grooves est un superbe coup d'essai pour Brandon O. Bailey qui,
s'il s'affirme un peu en créant des compositions personnelles, devrait être tout à fait capable de nous offrir un coup de maître pour son deuxième album !
Vous pouvez retrouver sa très chouette adaptation de Billie Jean, ainsi que trois autres chansons sur
MySpace.
01. Blues Ball 02. Whammer Jammer 03. Hellhound 04. Billie Jean 05. Harp Box 06. People Take My Soul 07. Grandma's Hands 08. Bye Bye Bird 09. Soul Thing 10. Squat That Rabbit 11. Hit The Road Jack 12. Superstition 13. Nine Below Zero
Guitare sèche (Alan Hager), harmonica et voix (Bill Rhoades).
Tels sont les ingrédients de cet album de blues on ne peut plus dépouillé.
Runnin' & ramblin' est une véritable déclaration d'amour au blues de la part
de Bill Rhoades & Alan Hager, un disque essentiel à découvrir sans plus attendre sur Spotify.
On y retrouve toute la beauté et toute la magie du blues acoustique !
Bill Rhoades, accompagné d'une formation un peu plus habillée, lors d'un festival durant l'été 2010 :
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