Je n'écoute pas beaucoup de salsa car j'ai tendance à m'en lasser très rapidement. C'est donc avec une extrême méfiance que
je me suis lancé dans l'écoute d'Ecos del barrio, troisième album du groupe new-yorkais La Excelencia.
Et bien, contre toute attente, je me suis laissé surprendre, emporter par ce disque aux rythmes incroyables et totalement
déshinibés.Déjà 5 écoutes complètes au compteur et toujours pas le moindre début de lassitude !
Dale otra oportunidad file même directement dans la liste de mes chansons de l'année tandis que l'album risque
fort de se retrouver dans mon Top-5 musiques du monde de ce premier semestre.
Rien que ça
Verdict : 9 / 10
Ecos del barrio est en écoute intégrale sur Spotify.
Emballé par mon Três Vezes Grande de la semaine dernière, j'ai
souhaité prolonger mon séjour brésilien.
Bien m'en a pris, puisque mon exploration m'a permis de débusquer un disque de MPB / bossa / samba au clacissisme absolu et
à la classe rare.
Amigo Houston d'André Ressel & Carlos Carioca est ainsi probablement la plus
belle nouveauté que j'ai eu la chance d'écouter depuis fort longtemps dans ce domaine musical.
Il évoque avec nonchalance un temps qui semble s'être arrêté il y a 35 ou 40 ans, et s'inspire sans la moindre honte des
plus grands noms de la Musique Populaire Brésilienne, notamment l'incontournable Chico Buarque (la joyeuse Canto da Sereia semble ainsi être une suite, toute en retenue,
à Vai passar, chanson dont la mélodie et le refrain font, depuis près de vingt ans, partie de mes "incontournables", toutes périodes et genres musicaux confondus).
Oeuvre constituée de 11 compositions originales signées par le duo ou sorties de la seule imagination du
multi-instrumentiste André Ressel, Amigo Houston convoque toutes les images "clichés" du Brésil des cartes postales : le soleil, les plages de sable
fin, le Carnaval, ... Et c'est ça qui le rend tout bonnement indispensable.
Travail d'orfèvre délicieusement humain, chaleureux et mélancolique, il a d'entrée de jeu trouvé une place de choix
dans ma déjà longue histoire avec la musique brésilienne, laquelle passe régulièrement de la passion dévorante à l'abstinence la plus totale.
Je sors à peine d'une longue période d'abstinence, ce qui explique peut-être mon appétit
Verdict : 9 / 10
Vive la musique brésilienne, vive les rencontres sur Internet, surtout quand elles sont gratuites.
Amigo Houston est en effet en accès libre et en téléchargement "Name your price" sur
Bandcamp.
N'y allons pas par quatre chemins, fruit du travail fusionnel entre le guitariste multi-instrumentiste brésilien,
Marco Nalesso, et sa troupe, A Fundação, Três Vezes Grande est un album instrumental épatant.
Les musiciens viennent dessiner un habillage sonore légérement expérimental, habile mariage de musiques "urbaines" (rock,
funk, jazz, ...) et de sonorités purement brésiliennes (capoeira, samba, maracatu, ...), latines ou d'origines africaines (afro-jazz sur Cobra Criada, par exemple).
Contrairement à de trop nombreux autres albums expérimentaux, les musiciens ne jouent pas pour l'unique plaisir de
s'écouter. Je ne dis pas que ce disque n'est pas technique. Il l'est, mais le dosage est intelligent et il reste toujours accessible à qui veut bien s'en donner la peine.
Les pistes les plus marquantes sont probablement Macumba / Toro (sorte de musique de western crépusculaire
évoquant parfois le meilleur d'un Calexico rythmé tout en retenue), Di Voleio (samba hybride funkisante à souhait) et Cobra Criada (synthèse d'afro-jazz
rocailleux et psyché virant ensuite vers un dub étonnant du plus bel effet).
Si comme moi vous êtes un peu curieux, n'hésitez pas à vous lancer dans l'exploration de ce raffraichissant et dépaysant
Três Vezes Grande, on ne s'y ennuie pas un seul instant. Et pour ne rien gâcher, il est en téléchargement
gratuit sur le site du groupe.
Gjertruds Sigøynerorkestern signifie l'orchestre gypsy de Gjertrud.
Cet ensemble norvégien s'est formé il y a un peu plus de 20 ans, en 1989, et propose des oeuvres inspirées par les musiques
traditionnelles hongroises, russes et roumaines.
C'est beau et mélancolique.
Si vous appréciez le genre, n'hésitez pas à écouter leur tout nouvel album, Nordisk
sigøyner.
Quetzal est un groupe chicano issu des quartiers est de Los Angeles.
Après s'être s'est formé il y a 20 ans, suite aux émeutes qui avaient alors embrasé la Cité des Anges, dans le but de
véhiculer des messages politiques et sociaux, le groupe s'est finalement pris au jeu et a décidé de mener une véritable carrière, en s'inspirant des musiques latines (mexicaines, cubaines, ...)
mais également de sons plus urbains (rock, R & B, ...).
Cette carrière est remarquable, d'autant plus que les musiciens ont toujours refusé de céder à la tentation pourtant facile
qui aurait consisté à jouer la carte de l'exotisme populaire à outrance. Ils ont préféré resté fidèles à leurs racines et à leurs idéaux.
Tant mieux pour nous !
Imaginaries, leur cinquième album, est une bien belle réussite à découvrir sans plus attendre sur
Spotify.
Cela doit bien faire pas loin de deux ans que je n'ai pas été autant emballé par un disque de musique brésilienne. Il y a
bien eu Lucas Santtana l'année dernière, avec son Sem nostalgia (initialement sorti au Brésil en 2009), intrinsèquement très bon mais que je n'ai pas
véritablement envie de réécouter régulièrement.
Notre disque du jour, Bahia Fantastica de Rodrigo Campos, musicien de Sao Paulo
(que j'avais découvert grâce au très beauSão Mateus Não É um Lugar Assim Tão Longe en 2009), s'inscrit plus facilement dans la droite lignée de mes attentes, à savoir un mélange savoureux et facilement accessible de
pop-rock-psychédélique et tranquillement jazzy teinté bien évidemment de musiques brésiliennes et africaines (comme le très afro-beatien Sou de Salvador qui conclut l'album en
beauté).
Si je n'ai pas écouté l'enchainement General Geral / Elias /Capitão/ Sou de
Salvador une dizaine de fois ce week-end, je ne l'ai pas écouté du tout. Il risque de m'accompagner un bon moment cette année. Je ne tarderai d'ailleurs pas à intégrer General Geral
à ma playlist.
Alors, ce Bahia Fantastica sera-t'il l'un de mes (nombreux) disques de cet été ?
Connaîtra-t'il les honneurs du Classement
des Blogueurs où il ne recevra qu'une poignée de votes ?
Pour l'instant, le verdict est tombé : 9 / 10
A vous de vous faire votre avis, l'album est en écoute intégrale et gratuite sur Soundcloud.
J'aime beaucoup les musiques africaines. Jusqu'à l'an dernier et la publication de Life Stories,
je n'avais jamais néanmoins pris le temps de me pencher sur la carrière du guitariste et producteur ghanéen Ebo Taylor, désormais âgé de 75 ans et fort d'une carrière d'une
soixantaine d'années. Il est sans aucun doute l'une des figures importantes dans le jazz / funk / afrobeat de son pays. Je me contentais pourtant de quelques morceaux glânés de ci de là dans des
compilations Soundway ou autres.
Et puis, l'an dernier, je me suis lancé, suite à la lecture d'articles élogieux relatifs au Life stories évoqué ci-dessus et regroupant ses enregistrements les plus importants des années 70. Je
tombais immédiatement sous le charme et embrayais donc directement avec son Love &
death de 2010 qui était, si j'ai bien compris, sa première production publiée à grande échelle.
Heureux de connaître une telle renaissance, le vieux musicien a décidé de ne pas se reposer sur ses lariers et nous fait
cadeau, dès cette année, d'un tout nouvel album intitulé Appia Kwa Bridge.
Depuis sa découverte, ce dernier ne quitte plus mes esgourdes et mes petites Camille & Coralie aiment se trémousser au
son du fort joli Yaa amponsah.
Appia Kwa Bridge est un véritable bijou de musique africaine, tant pour les connaisseurs que pour
les néophytes.
Ma divine Maria revient ces jours-ci
avec ce qui doit commencer à ressembler à son cinquantième album.
Intime et mélancolique, le très jazzy Oasis de Bethânia apporte une fois de plus la preuve que
Maria Bethânia reste, à 66 ans et sans aucune contestation possible, l'une des plus grandes interprètes en activité.
Fort de 10 chansons toutes plus somptueuses les unes que les autres (dont une adaptation du O velho Francisco de
Chico Buarque), l'album permet au temps de s'arrêter 40 minutes durant.
A noter les participations de Lenine et Djavan.
Verdict : 8 / 10
Oasis de Bethânia est en écoute intégrale sur Spotify.
Déjà presque 40 ans que Marcel Khalifé nous enchante grâce à son oud. Je me rappelle encore parfaitement
de ma rencontre avec son premier album Promises of the moon, publié en 1976. C'était début août 2001, quelques semaines avant les Tours. Je m'en rappelle parfaitement
parce que c'était l'album que je m'apprêtais à écouter, en rentrant du cinéma (je venais de voir l'adaptation calamiteuse d'Absolutely Fabulous avec Balasko
& Baye), si je n'étais pas resté scotché devant mon écran, morbidement fasciné par l'effondrement des deux monstres d'acier.
Ces onze dernières années, j'ai régulièrement savouré avec délectation la découverte de plusieurs albums du magicien
libanais. J'ai donc été tout ce qu'il y a de plus ravi d'apprendre qu'il nous offrait, début avril, une nouvelle (double !) production intitulée Fall of the moon. Comme
plusieurs fois au cours de sa carrière, Marcel Khalifé met ici en musique des poèmes du grand auteur palestinien Mahmoud Darwish décédé il y a tout juste 4
ans.
Alternant compositions chantées et instrumentales, Fall of the moon est une oeuvre magistrale,
austère et lumineuse, qui permet au musicien de poursuivre son travail de "liant" entre littérature et musiques (du monde oriental, jazz et musique contemporaine). Son seul défaut : être un peu
trop long et, dans sa deuxième partie (à partir de Fall of the moon (version instrumentale)), devenir un peu trop "lyrique". Cela reste très bien fait, mais traîne légèrement en
longueur.
N'empêche que des morceaux comme The stranger's bed et Houriyeh's instructions devraient me hanter fort
longtemps.
Verdict :
-pour la première partie du disque : 10 / 10
-pour la deuxième partie : 7 / 10
Moyenne : 8,5 / 10
Fall of the moon est en écoute intégrale sur Bandcamp.
Je profite de ce petit billet pour vous inviter également à (re-)découvrir un très bel album du Trio
Joubran, A l'ombre des mots (2009), qui faisait également la part belle aux poèmes de Mahmoud Darwish.
J'ai rencontré Tim Eriksen pour la première fois en
2003/2004, au générique de la bande originale du film Cold Mountain d'Anthony Minghella.
Ce musicien, ethno-musicologue de formation, est un véritable touche-à-tout. S'il s'est d'abord intéressé aux musiques traditionnelles
américaines, il a très rapidement cherché à sortir de ce champ d'investigations. Il a ainsi tâté du punk-rock, de la pop bosniaque, du jazz, de la musique symphonique. Il a joué en concert avec
des personnes aussi différentes que Doc Watson et Kurt Cobain. Il a enregistré avec Sting, T-Bone Burnett, ...
Tim Eriksen est l'un de ces musiciens de l'ombre hyper-actif qui, je l'espère, finira un jour par toucher un public plus
conséquent. Il le mérite assurément et ce n'est pas son nouvel album, Banjo, fiddle and voice, superbe recueil d'adaptations de chansons folk, qui me fera revoir mon
opinion.
Véritable chef d'oeuvre que tous les amoureux de musique traditionnelle américaine devraient se dépécher d'écouter, son titre présente de
plus l'énorme avantage d'être assez explicite pour ne nécessiter aucun long discours
Verdict : 10 / 10 (sans la moindre contestation possible. Et de toutes façons, ma religion m'interdit de mettre une note
plus basse.)
Banjo, fiddle and voice est en écoute intégrale sur Bandcamp.
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