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SOUL, FUNK, RHYTHM 'N' BLUES

Vendredi 13 avril 2007 5 13 /04 /2007 00:15

Je ne vous ai pas encore parlé sur ces pages de mon amour pour la musique noire américaine (soul & Rhythm 'n' Blues) des années 50-60 et 70. Je me lance donc ce jour avec la présentation de Tina Britt, diva américaine ayant essentiellement officié pendant les années 60 et dont la carrière en tant qu'artiste solo se limite à un album unique, BLUE ALL THE WAY, publié en 1969, sur le label MINIT.

La réédition de ce disque, sortie l'an dernier, présente en plus de l'album original, l'ensemble de ses singles, sortis entre 1965 et 1969, ainsi que trois inédits (It's my thing / He put the hurt on me [une de ses 3 reprises d'Otis Redding] / Doctor Feel Good [d'Aretha]).

Comme vous vous en doutez, la musique et la production sont ici d'une grande qualité (rien à voir avec les productions d'aujourd'hui, à quelques exceptions près, complètement aseptisées) : des cuivres, des guitares bluesy, de l'orgue Hammond utilisé à bon escient bien sûr, ... Le tout au service de la voix de Tina Britt qui dégage une chaleur et une sensualité assez incroyables. Ecoutez Johnny I love you pour vous faire une petite idée !

Son plus grand succès, The real thing (classé dans le Top-20 du Billboard R&B Chart), nous montre à quel point sa musique doit également beaucoup aux productions Motown et dans ce cas particulier à Martha Reeves & The Vandellas et leur Heatwave.

Bref, un album à découvrir urgemment si vous aimez la musique soul des années 60 et à faire écouter à vos enfants afin de leur montrer que ce style de musique existait bien avant Amy Winehouse.

Ceci dit en passant, j'aime beaucoup l'album d'Amy Winehouse (je vous en parlerai d'ailleurs dans quelques jours), mais force est de reconnaître qu'il lui manque quand même ce petit supplément d'âme.

Tina, elle l'a ...

Bonne découverte !

Johnny I love you

I love you more than you'll ever know

The real thing

He put the hurt on me

Par Thierry - Publié dans : SOUL, FUNK, RHYTHM 'N' BLUES
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Vendredi 20 avril 2007 5 20 /04 /2007 00:00

 

En 1968, fortement influencé par les stars du R&B signées sur le label KING, et plus particulièrement par le Soul Brother #1, James Brown, le jeune Bootsy Collins, alors âgé d'à peine 17 ans, forma, en compagnie de son frère Phelps "Catfish", son propre groupe : The Pacesetters.

La réputation locale du groupe devint rapidement très importante, au point que James Brown vint les voir jouer et, impressionné, les invita à devenir son nouveau groupe.
L'expérience tourna relativement court puisque dès 1971, les frères Collins furent renvoyés des JB's pour usage de drogue. Non, vous ne rêvez pas, James Brown, qui n'était pas le dernier à consommer des substances illicites, réclamait de la part de ses musiciens une conduite irréprochable.

A la recherche de travail, les frangins prirent la direction de Detroit où ils se présentèrent au Roi du Funk Interplanétaire, le génial et excentrique George Clinton, qui les invita à rejoindre l'un de ses groupes, FUNKADELIC. L'expérience, cette fois-ci très formatrice, dura jusqu'en 1976, année durant laquelle Bootsy décida qu'il était temps pour lui de voler de ses propres ailes. Il forma alors le Bootsy Rubber Band et créa l'imagerie très forte de son personnage scénique.

 Stretchin' Out in Bootsy's Rubber Band

Une véritable Funk Star était née ! Ses trois premiers albums, STRETCHING OUT IN BOOTSY'S RUBBER BAND, AHH... THE NAME IS BOOTSY BABY, et BOOTSY? PLAYER OF THE YEAR sont à juste titre considérés comme trois des plus importants albums de funk intersidéraux, parfaits antidotes au disco en cette fin de décennie 1970.

 Ahh...The Name Is Bootsy, Baby! Bootsy? Player of the Year

Au début des années 80, le groupe continua à sortir des albums, mais le funk, tout comme le disco, deux purs produits des années 70, virent leur côte de popularité baisser en flèche. C'était la fin d'une époque.

Quelques années plus tard, Bootsy signa chez CBS, enregistra 3 albums entre 1988 et 1991 et participa à l'énorme (et unique) succès de Deee-Lite, Groove is in the heart. Regardez bien la vidéo, vous le reconnaîtrez en train de jouer de sa basse spatiale !

What's Bootsy Doin'?

Le retour en grâce du fantasque musicien continua grâce à d'incessantes tournées (solo, ou avec le New Rubber Band) et, dans la deuxième moitié des années 90 avec sa signature sur le label Rykodisc pour lequel il sortit 3 albums, fusion de funk et de bluegrass (!!) en compagnie d'artistes tels que DelMcCoury et Doc Watson, sous l'appellation collective de GrooveGrass Boyz.

Durant cette période, Bootsy commença également à s'intéresser au rap et au hip-hop en travaillant avec des artistes tels que Buckethead et Fatboy Slim.

Play With Bootsy

Il fallut attendre 2002 pour que Bootsy sorte un album, PLAY WITH BOOTSY, en tant qu'artiste "solo".

Si vous souhaitez pénétrer l'univers de Bootsy, artiste unique complètement barré mais d'un comportement exemplaire avec son public, et l'un des trois plus grands noms du funk, avec James Brown et George Clinton, je vous conseille cette formidable compilation : GLORY B DA FUNK'S ON ME! THE BOOTSY COLLINS ANTHOLOGY

Glory B da Funk's on Me!: The Bootsy Collins Anthology

ou le non moins exceptionnel DVD d'un  concert enregistré lors du North Sea Jazz Festival en 1998 :

Alors, bien sûr, certains esprits grincheux trouveront que c'est de la musique un peu "brouillonne", loin d'être parfaite. Et alors !? L'essentiel, c'est quand même bien que ça vive, que ça respire, que ça transpire, non ! ?

Stretchin' out

Ahh... The name is ... Bootsy ! 


 

Bootsy Psychoticbumpschool

Par Thierry - Publié dans : SOUL, FUNK, RHYTHM 'N' BLUES
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Lundi 30 avril 2007 1 30 /04 /2007 00:32

Personnage aux personnalités multiples, Andre Williams m'a toujours fasciné : de ses débuts dans le milieu des années 50 avec du Rhythm & Blues (presque) classique jusqu'à son dernier album, APHRODISIAC, sorti en 2006, subtil mélange de blues, rock et soul, en passant par le rock-garage bien cradingue comme en 1998, avec SILKY.

Côté obscur : le musicien et interprète à la voix grasse et bien sale comme sa vie, diront certaines mauvaises langues, qui se résumerait à un mélange de provocation, de drogue, de sexe et d'excès en tous genres, Andre Williams a inspiré de très nombreux artistes, aussi bien rappeurs que rockeurs déjantés.

Côté plus "grand public" : figure mythique de la musique noire américaine, celui que l'on surnomme le "pape du rhythm 'n' blues"

ou le "black godfather" a entre co-écrit avec Stevie Wonder et Marvin Gaye, endossé le costume de producteur pour Ike & Tina Turner en 1973 pour leur album LET ME TOUCH YOUR MIND.

Dans les années 70, il fit également partie de la légendaire aventure Parliament / Funkadelic en compagnie de George Clinton.

Un CV très rempli pour notre vieux bonhomme de 71 ans et un parcours musical essentiellement orienté soul, blues, funk qui ne laissait donc en rien prévoir SILKY, véritable album de rock garage (peut-être le meilleur des années 90), sorti en 1998, avec lequel il rivalise avec le meilleur de The Cramps, du Jon Spencer Blues Explosion et du Nick Cave, version brute. Un album incroyable dont sont extraits les fantastiques : 

Let me put it in

Everybody knew

Nick Cave aura-t'il encore autant la "rage" à 65 ans !?

Un petit point de comparaison ... Quelques décennies plus tôt, Andre Williams, c'était plutôt ça : 

I wake up crying

Bonne découverte !

Par Thierry - Publié dans : SOUL, FUNK, RHYTHM 'N' BLUES
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Dimanche 20 mai 2007 7 20 /05 /2007 23:45

OUF ! 

Il est encore possible de faire de la bonne vieille soul, vintage 60s & 70s, sans le moindre cliché "nu soul" ou "hip hop", contrairement à Joss Stone ou Alicia Keys, les deux fausses révélations "soul", par trop maniérées, de ces dernières années. 

Pour preuve les trois excellentes surprises que sont Amy Winehouse, Sharon Jones (accompagnée des Dap-King) et Nicole Willis & The Soul Investigators. OK, pas tout à fait du niveau d'Aretha Franklin, Tina Turner, ou même Diana Ross, mais tout bonnement exceptionnelles dans le contexte de morosité actuelle de la musique "noire". 

Plutôt que de me perdre en de longs discours, passons directement à la découverte musicale de ces trois demoiselles, en commençant par l'anglaise Amy Winehouse qui, en dépit de ses origines "blanches" a tout de la voix d'une grande diva de la musique noire américaine.

 

Voici 3 extraits de son deuxième album, intitulé BACK TO BLACK, titre que l'on pourrait tout simplement traduire par "Retour aux racines de la musique noire..." .

Rehab

Back to black

Tears dry on their own

Et pour le plaisir, une petite vidéo :

You know I'm no good  

 

Passons à Sharon Jones & The Dap-Kings et à leur fabuleux album NATURALLY, publié en 2005. 

Un petit chef d'oeuvre...
Ecoutez sans modération le deuxième extrait mis en écoute ici, Stranded in your love. On le croirait tout droit tiré d'un album d' Ike & Tina Turner

Fish in the dish

Stranded in your love (avec Lee Fields)

Et en images qui bougent, ...

How long do I have to wait for you ?

Et enfin, passons à Nicole "Mireille Mathieu" Willis et son KEEP REACHIN' UP, sorti en 2006.

Cet album tout simplement somptueux nous raméne aux grandes années de la Motown, du son de Detroit des années 60. Les meilleures influences (de James Brown à Tammy Terrell en passant par Diana Ross & The Supremes) s'y télescopent et en font un cocktail euphorique qui redonne à la soul music toutes ses lettres de noblesse.

KEEP REACHIN' UP est un album est à écouter en boucle et en boucle, jusqu'à plus soif. et à prescrire dans toutes les bonnes pharmacies.

Un petit aperçu de cette magie ...

Invisible man

No one's gonna love you

- Publié dans : SOUL, FUNK, RHYTHM 'N' BLUES
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Samedi 16 juin 2007 6 16 /06 /2007 00:14

Cry to Me: The Best of Freddie Scott

Dans la grande famille des oubliés de la musique, je demande ... Freddie Scott.

Né en 1933 à Providence, Rhode Islands, l'ami Freddie était l'un des chanteurs Rhythm  & Blues (quand cette musique signifiait encore quelque chose) les plus intéressants.

Essentiellement connu grâce au titre Are you lonely for me ? qui se classa à la première place du hit-parade R&B en 1966, il connut également de jolis succès avec Hey, girl (de Gerry Goffin & Carole King) en 1964 - titre que devait initialement enregistrer Chuck Jackson (mais il ne se présenta pas au studio ce jour-là !), une adaptation du I got a woman de Ray Charles en 1964 également, Am I grooving you ? en 1967 et You got what I need en 1968.
Son dernier titre classé au Top-40 sera une reprise de Bob Dylan, l'intemporel I shall be released, en 1970. L'un de mes titres préférés de Freddie Scott est Just a friend. Je vous le propose en fin d'article, sous forme d'une vidéo présentant un mix entre la version originale de Scott et une "adaptation sucrée" réalisée par un obscur rappeur Biz Markie, au début des années 90.

Quelques albums et singles suivirent jusqu'en 1972, sans le moindre impact commercial. Devant ce manque de succès, Freddie Scott se résolut à faire de l'alimentaire, écrivant de nombreux jingles publicitaires, participant à des films de blaxploitation de série Z tout en conservant un rythme de concerts assez soutenu jusque la moitié des années 80. 

Il quitta alors complètement le milieu artistique pendant une quinzaine d'années avant d'y revenir au début des années 2000 en enregistrant, pour un album hommage au grand Van Morrison, une reprise de Brown-eyed girl et en publiant, en 2001, un album de blues intitulé Brand new man.

Freddie Scott est décédé le 4 juin dernier. 

Triste occasion pour redécouvrir certains de ses morceaux.

Bonne écoute !

Hey girl

Am I grooving you ? 

Are you lonely for me ?

Where were you ? 

Shake a hand 

et donc, comme promis, la "relecture" de Just a friend


- Publié dans : SOUL, FUNK, RHYTHM 'N' BLUES
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Vendredi 16 mai 2008 5 16 /05 /2008 00:07



Sortie : mars 2008
Découverte : mars 2008 (internet)
Label : Record Kicks

Originaire de Brighton (Angleterre), Baby Charles est un groupe mené par Dionne Charles (véritable James Brown au féminin) et sa voix exceptionnelle qui nous offre donc un premier album éponyme en tous points exceptionnel. Ce disque est, à mon humble avis, bien supérieur aux opus d' Amy Winehouse et fort probablement, la meilleure chose, avec Sharon Jones,  qui soit arrivée à la musique soul-funk depuis fort longtemps !

Ici, pas de tricherie, mais de la vraie musique, du coeur, du groove et de la sueur. Enfin de la musique "noire" qui respire !

A déconseiller donc à tous les admirateurs de chanteuses soulasses fadasses telles qu'Alicia Keyes, Joss Stones, Mariah Carey & Co.

A écouter par contre de toute urgence si vous avez des affinités certaines avec Sharon Jones & The Dap Kings, DJ Shadow (reprise de "This time")  et ... les Arctic Monkeys ( reprise de leur  "I bet you look good on the dancefloor" ) !

Ma note : 09 / 10

Tracklist :
Treading water (cliquer pour écouter)
Invisible
Comin' from a higher place
Life's begun
No controlling me
Hardman to please
Step on
Indecision

I bet you look good on the dancefloor  (cliquer pour écouter)
Back of my hand  (cliquer pour écouter)
This time
The Sphinx (cliquer pour écouter)

Baby Charles : This time (extrait de concert)




DJ Shadow : This time

 



Arctic Monkeys : I bet you look good on the dancefloor (live)

Par Thierry - Publié dans : SOUL, FUNK, RHYTHM 'N' BLUES
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Mercredi 28 mai 2008 3 28 /05 /2008 00:16


Sortie : 27 mai 2008 (chez Blue Note Records)
Découverte : ... mai 2008

Hier fut presque un jour de fête. En effet, Al Green nous présentait son petit dernier, Lay it down.

Constat immédiat : à l'heure où on reparle d'un "renouveau" soul plus ou moins authentique depuis déjà 5 ans, Al Green remet tout le monde en place! 

I can't stop du même Al Green ouvrait en effet, en 2003, après plus de dix ans d'une soul et d'un R'n'B insipides, une brèche dans laquelle se sont engouffrés de méritants héritiers (tels Anthony Hamilton, Nicole Willis, Sharon Jones ou plus récemment encore, Baby Charles (voir article)) de la musique noire américaine des années 70.
  

Stoppons là la digression et revenons-en à Lay it down.

Dès la première écoute, dès les premières secondes du premier morceau éponyme, on retrouve tout ce qui fait le charme et la magie du chanteur : sa voix, son rire, l'habillage des chansons, l'alternance mélancolie / joie de vivre, ... 

Les trois premières chansons (Lay it down, Just for me, et You've got the love I need) sont parfaites. Ensuite, on passe du très bon au quasi-parfait. 

On ressort du disque engourdi, comme quand on quitte un rêve qui ne devrait jamais s'achever. Sensation de "boucle" accentuée par le fait que, le rythme des compositions s'accélèrant sur les deux derniers morceaux (I'm wild about you [peut-être la chanson la plus faible de ce recueil] et Standing in the rain), on a presqu'inconsciemment envie de repartir à l'écoute de Lay it down dans la foulée.



La vraie magie de ce disque, produit tout en retenue par Questlove, et le génie d'Al Green émanent de l'impression que l'on a de le retrouver inchangé, comme si on ne l'avait jamais quitté.  En bon amoureux de musique noire américaine, il m'a été impossible de résister au pouvoir d'attraction de ce disque. Comme je vous le disais un peu plus haut, il m'a happé dès ses premières secondes pour ne plus me lâcher.

Il m'est impossible de ne pas aimer cette cuvée 2008 et pourtant, je suis tout à fait conscient que nous sommes très loin, comme il fallait s'y attendre, de Let's stay together et des productions de Willie Mitchell.

A 62 ans, le Révérend ne cherche en effet pas à surprendre ou à innover, il assume son âge et le clacissisme de cet album est tout à son honneur. 

Les invités (Anthony Hamilton [dont la voix me fait de plus en plus penser à Bill Withers], Corinne Bailey Rae,  John Legend,  ...) l'ont d'ailleurs bien compris et ne cherchent à aucun moment à tirer la couverture à eux. Ils jouent le jeu, et leur association au vieux brisquard de la soul nous permet donc d'avoir entre les oreilles un disque très plaisant, certes sans surprise, mais bien plus agréable que 99 % de la musique noire américaine actuelle.

Et si j'insiste autant sur le côté classique de ce très bel album, c'est de manière très positive. Al Green a décidé de rester vrai. Peu lui importe de conquérir un nouveau public. Ses jeunes invités sont là simplement pour montrer qu'il est bien vivant et toujours à l'écoute.

Al Green les enterrera tous.




Ma note : 08 / 10


Tracklist :
Lay it down 
(clic)
Just for me (clic)
You've got the love I need (vidéo 1)
No one like you
What more do you want from me
Take your time
Too much
Stay with me (By the sea) (clic)
All I need
I'm wild about you
Standing in the rain


You've got the love I need (avec Anthony Hamilton)
 




L'enregistrement de Lay it down :


Par Thierry - Publié dans : SOUL, FUNK, RHYTHM 'N' BLUES
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Vendredi 30 mai 2008 5 30 /05 /2008 00:16

http://deluxeload.com/up_bilder/08/0319/1205945537.jpg
Sortie : mars 2008 (chez Crazatic Entertainment)
Découvert : mars 2008 (internet)

En cette (presque) fin de premier semestre 2008, je dois vous avouer avoir quelque peu délaissé le jazz ces derniers temps pour écouter énormément de blues, (néo-)folk, pop, musiques du monde et soul / r'n'b (60s-70s et 2000s).

Si l'actualité récente dans ce dernier domaine est bien entendue dominée par la sortie de Lay me down du Révérend Al Green (clic), il serait dommage de passer à côté des petites merveilles que sont les albums de Baby Charles (dont je vous ai déjà parlé ICI 
) et de Taniq, The life and times of love  (dont il est question aujourd'hui).

A la première écoute, mon avis était un peu mitigé en raison des quelques passages "rappés" parsemant les onze chansons de The life and times of love

Sentant néanmoins que cet album dégageait un petit supplément d'âme plus qu'évident, je me décidais de lui donner une deuxième, puis une troisième, etc ... chance. L'album ne quitta plus mes oreilles de toute l'après-midi. Il avait en effet très rapidement, de par ses multiples qualités, vaincu mes minimes réticences et faisait désormais partie de ma vie.



Taniq est donc un duo constitué du couple (sur scène comme à la ville) Miko & Carolyn qui écrit et produit lui-même en grande partie ses propres compositions, réminiscentes du meilleur de la scène soul de Philadelphia des années 70, ainsi que du meilleur du new-soul à la Jill Scott par exemple.

L'avantage de la formation en duo est qu'elle offre un a priori positif puisque, inconsciemment, elle fait automatiquement écho à des collaborations aussi réussies que celles de Billy Preston & Syreeta Wright, Ashford & Simpson, Marvin Gaye & Tammi Terrell, Rick James & Teena Marie, ...

Ardent défenseur de la soul / r'n'b des années 60-70, je me dois de reconnaître que, pour une fois, ces comparaisons ne sont pas usurpées : grâce à Taniq, le flambeau de la (bonne) musique soul voit ses flammes quelque peu ravivées.

Je ne vous ferai pas ici de description "piste par piste" car The life and times of love est un album cohérent de bout en bout, l'un des rares albums de soul sortis cette dernière décennie pour lequel je n'ai envie de sauter aucune piste.

Un seul petit bémol : les deux premières minutes en grande partie "rappées" de Scale of sacrifice (dixième et avant-dernier morceau de l'album) dont la "montée en puissance" assez exceptionnelle  permet de pardonner cette légère faute de goût.
 
Pour résumer, The life and times of love est un album quasi-parfait combinant soul, funk, hip-hop et jazz dans une production limpide, fraîche, intemporelle (équilibre rare entre classicisme et  modernité) et généreuse évoquant tour à tour l'esprit de tous les grands noms déjà cités dans cet article, noms auxquels j'oserais rajouter celui de Stevie Wonder dont l'influence est évidente sur des morceaux tels que Look at you now (clic) et ce Scale of sacrifice.

 



Un album qui, dans un monde plus juste aurait dû connaître les premières places de tous les hit-parades.

Un classique de la soul d'aujourd'hui que l'on prendra encore grand plaisir à écouter dans une vingtaine d'années.

Comment ne pas aimer un album commençant par un titre tel que Everything about you (clic) ?


Ma note :
(après 10 écoutes) --> 07 / 10
(après une trentaine d'écoutes) --> 09 / 10

Tracklist :
Everything about you
Sunrise
Hands in my pocket
Breakin' the rules
Deja my dear
Cupid shot me
Look at you now
Time will not wait
Summer in Zimbabwe
Scale of sacrifice
The life & times of love

Vous trouverez plusieurs extraits de l'album sur 
MySpace


Live "sampler"




A summer in Zimbabwe (extrait - Live)




Deja my dear (extrait - Live)

Par Thierry - Publié dans : SOUL, FUNK, RHYTHM 'N' BLUES
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Lundi 2 juin 2008 1 02 /06 /2008 00:02



Fantastique disque de néo-soul / néo-blues, Good Bread Alley emprunte son nom à celui d’un ghetto noir de Floride au début du vingtième siècle et devrait plaire aux admirateurs de Marvin Gaye, Gil Scott-Heron, Terry Callier, Bill Withers (dont il reprend d'ailleurs ici le protest-blues I can't write left-handed  qui dénonçait la guerre du Vietnam), artistes soul engagés des années 70.

Good Bread Alley est un disque à la conception presque "classique" dans la très riche et diversifiée carrière de Carl Hancock Rux, "poète" afro-américain, (infos ICI et LA), riche en atmosphères et à la production en tous points parfaite et raffinée.

On pense ainsi souvent au What's going on de Marvin Gaye ou aux productions plus récentes du génial Marc Anthony et de son groupe Chocolate Genius Inc., artiste dont il faut absolument que je vous parle prochainement !




Personne ne devrait rester insensible à l'organe vocal, puissant et chaleureux, de notre artiste du jour, auteur de ce chef d'oeuvre malheureusement passé un peu trop inaperçu et qui restera probablement l'un des meilleurs albums, sombre et lumineux, de 2006.

Ma note : 10 / 10

Bonne écoute !

Tracklist :
Good Bread Alley
(vidéo 1)
My brother's hands (Union song)
Thadius Star (vidéo 2)
Behind the curtain
Lies
Geneva
Black of my shadow   (co-écrit avec Vinicius Cantuaria) (clic)
All the rock stars (For Kurt Cobain)
Living room
I can't write left-handed  (clic)
Better left unsaid


Good Bread Alley





Thadius Star

Par Thierry - Publié dans : SOUL, FUNK, RHYTHM 'N' BLUES
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Jeudi 12 juin 2008 4 12 /06 /2008 00:10



Sortie : 1973 (chez Capsoul)
Réédition : 2007 (chez Asterisk / Numerogroup)
Découverte : avril 2008 (achat médiathèque) 

Gently down your stream est l'un de ces albums-cadeaux du ciel qui me font pleinement aimer mon travail en Bibliothèque Municipale.
Il ne déchainera sans doute pas l'hystérie collective et n'a rien de mythique, mais il est en tous points miraculeux et miraculé.

Je vais profiter du petit espace que je m'accorde ce soir, après quelques articles dédiés à la musique folk, pour essayer de vous en raconter très rapidement l'histoire !

Originaires de Columbus (Ohio), The Four Mints furent repérés et signés, suite à de nombreux concerts "sold-out", par le label Capsoul et  goûtèrent ainsi au bonheur, en 1973, de la publication de leur seul et unique album, Gently down your stream, en fait simple recueil de leurs 5 singles "auto-produits".

Comme de nombreux enregistrements de musique soul, ce disque ne fit en rien frémir les hits-parades.

Dommage ... et diablement injuste, car la musique présentée était l'une des plus belles du genre, pleines de filiations évidentes avec celle des Jackson Five, des Temptations, des Impressions, des Stylistics et du meilleur de la scène soul de l'époque.  

Petite parenthèse :

(Quentin Tarantino aurait pu utiliser n'importe laquelle de ces 10 pépites dans sa bande originale de Jackie Brown sans en faire baisser l'exceptionnel niveau.)

Mais il était écrit que l'histoire de cet enregistement n'en resterait pas là ...

En effet, en 1997, soit près de 25 ans après sa publication, Gently down your stream connut les joies (??) de la réédition en CD.

Ô rage, ô désespoir ...

Le transfert, pour d'obscures raisons techniques, échoua complètement et l'édition CD offrit une version "ralentie" des 10 chansons, leur faisant ainsi perdre la fraîcheur et la saveur pop qui les rendaient somme toute indispensables à tout amateur de musique noire des années 70 qui se respectait.



En 2005, ce CD raté échoua sur le bureau du label Numerogroup qui travaillait alors sur sa première réalisation, Eccentric Soul : The Capsoul Label., label ayant, pour rappel, publié  Gently down your stream  en 1973.

Les compilateurs n'ayant jamais entendu les versions originales, The Four Mints ne furent logiquement pas retenus pour cette anthologie en raison des ratés techniques évoqués ci-dessus.

-Fin de l'histoire ?
-Que nenni ... ! 

La fée-musique décida de passer par là ...  

En effet, juste avant Thanksgiving millésime 2006, un vieil organisateur de concerts de la région de Columbus qui avait travaillé avec le groupe et avait eu vent du travail effectué par Numerogroup, envoya au label des enregistrements inédits du groupe (répétitions, instrumentaux de bien meilleure qualité).

Emballés, les producteurs d' Eccentric Soul décidèrent alors de remastériser les 10 pistes originales du vinyl de 1973,  d'y ajouter les 3 inédits miraculeux et de publier cet album hybride (ni album original en tant que tel, ni compilation véritable), véritable trésor de "soul vintage" qui n'attend désormais plus que vos oreilles ...
 

 



Pour la petite histoire, il me faut vous préciser que The Four Mints furent fondés, entre autres, par James Brown !
Enfin, pas par LE James Brown ... mais par UN James Brown.

Le groupe est toujours en activité et continue inlassablement de donner des concerts (sans le moindre nouvel enregistrement officiel) grâce au circuit des "oldies but goodies" à travers tous les USA ...
Par Thierry - Publié dans : SOUL, FUNK, RHYTHM 'N' BLUES
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