En 1968, fortement influencé par les stars du R&B signées sur le label KING, et plus particulièrement par le Soul Brother #1, James Brown, le jeune Bootsy Collins, alors âgé d'à peine 17 ans, forma, en compagnie de son frère Phelps "Catfish", son propre groupe : The Pacesetters.
La réputation locale du groupe devint rapidement très importante, au point que James Brown vint les voir jouer et, impressionné, les invita à devenir son nouveau groupe.
L'expérience tourna relativement court puisque dès 1971, les frères Collins furent renvoyés des JB's pour usage de drogue. Non, vous ne rêvez pas, James Brown, qui n'était pas le dernier à consommer des substances illicites, réclamait de la part de ses musiciens une conduite irréprochable.
A la recherche de travail, les frangins prirent la direction de Detroit où ils se présentèrent au Roi du Funk Interplanétaire, le génial et excentrique George Clinton, qui les invita à rejoindre l'un de ses groupes, FUNKADELIC. L'expérience, cette fois-ci très formatrice, dura jusqu'en 1976, année durant laquelle Bootsy décida qu'il était temps pour lui de voler de ses propres ailes. Il forma alors le Bootsy Rubber Band et créa l'imagerie très forte de son personnage scénique.

Une véritable Funk Star était née ! Ses trois premiers albums, STRETCHING OUT IN BOOTSY'S RUBBER BAND, AHH... THE NAME IS BOOTSY BABY, et BOOTSY? PLAYER OF THE YEAR sont à juste titre considérés comme trois des plus importants albums de funk intersidéraux, parfaits antidotes au disco en cette fin de décennie 1970.

Au début des années 80, le groupe continua à sortir des albums, mais le funk, tout comme le disco, deux purs produits des années 70, virent leur côte de popularité baisser en flèche. C'était la fin d'une époque.
Quelques années plus tard, Bootsy signa chez CBS, enregistra 3 albums entre 1988 et 1991 et participa à l'énorme (et unique) succès de Deee-Lite, Groove is in the heart. Regardez bien la vidéo, vous le reconnaîtrez en train de jouer de sa basse spatiale !

Le retour en grâce du fantasque musicien continua grâce à d'incessantes tournées (solo, ou avec le New Rubber Band) et, dans la deuxième moitié des années 90 avec sa signature sur le label Rykodisc pour lequel il sortit 3 albums, fusion de funk et de bluegrass (!!) en compagnie d'artistes tels que DelMcCoury et Doc Watson, sous l'appellation collective de GrooveGrass Boyz.
Durant cette période, Bootsy commença également à s'intéresser au rap et au hip-hop en travaillant avec des artistes tels que Buckethead et Fatboy Slim.

Il fallut attendre 2002 pour que Bootsy sorte un album, PLAY WITH BOOTSY, en tant qu'artiste "solo".
Si vous souhaitez pénétrer l'univers de Bootsy, artiste unique complètement barré mais d'un comportement exemplaire avec son public, et l'un des trois plus grands noms du funk, avec James Brown et George Clinton, je vous conseille cette formidable compilation : GLORY B DA FUNK'S ON ME! THE BOOTSY COLLINS ANTHOLOGY

ou le non moins exceptionnel DVD d'un concert enregistré lors du North Sea Jazz Festival en 1998 :

Alors, bien sûr, certains esprits grincheux trouveront que c'est de la musique un peu "brouillonne", loin d'être parfaite. Et alors !? L'essentiel, c'est quand même bien que ça vive, que ça respire, que ça transpire, non ! ?
Stretchin' out
Ahh... The name is ... Bootsy !
Bootsy Psychoticbumpschool
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